Concours d'écriture de JMV 2020

Sous le thème: Par une belle journée d'automne...

Tous les textes soumis au concours 2020 seront publiés à tour de rôle sur cette page.

*Les trois textes gagnants peuvent toujours être lus dans les archives.

Par une belle journée d’automne

 

Quoi de plus relaxant que de se promener en forêt par une belle journée d’automne?

Qui plus est, main dans la main en compagnie de l’être aimé. Nous déambulons tous les deux au hasard du sentier sinueux du parc avoisinant, sentier parsemé de feuilles mortes jonchant le sol et dont les doux effluves familiers chatouillent nos narines. 

 

Les feuilles sont mortes certes mais plusieurs conservent leurs couleurs vives comme celles encore suspendues aux arbres et qui n’attendent qu’une brise vienne, silencieusement, les détacher de leur arbre nourricier. Le soleil brille, enflammant de ses timides rayons les feuilles encore suspendues ou même celles jonchant déjà le sol humide. Nous apprécions ce moment de grâce.

Nous sommes comme les feuilles d’un arbre. L’embryon que nous étions dans le sein de notre mère est comme le bourgeon accroché à la branche de son arbre. Il éclate, nous naissons! Il pousse, nous grandissons. La feuille apparaît, nous faisons notre entrée dans le monde pour y rayonner.

Admirée ou non, la feuille joue son rôle. Dans l’ombre ou la lumière, chacun de nous contribuons, à la hauteur des grâces que nous avons reçues, à la société dans laquelle nous vivons.

La feuille réjouit notre œil, nous faisons la joie de la société; nos bonnes actions, si modestes soient-elles, viennent qui, consoler quelqu’un ayant du chagrin, soulager quelqu’un dans la misère ou simplement faire plaisir sans rien attendre en retour.

La feuille fait partie d’un tout, beaucoup plus important qu’elle : l’arbre; nous faisons partie d’un grand tout : la société.  La feuille

est tantôt immobile, tantôt ballottée doucement, tantôt secouée fortement par le vent. Elle se balance lascivement sous les chauds rayons du soleil ou elle s’accroche courageusement à sa branche pendant la tempête. Jusqu’à ce qu’une main invisible vienne la détacher et l’emporte, au pied de son arbre ou à des kilomètres plus loin pour y accomplir son destin.

 Ici encore, les similitudes sont frappantes. L’enfance, considérée comme la recherche et le développement de l’humanité, demeure une période généralement calme et sereine sur l’échelle de la vie. Certes, le calme côtoie parfois la tempête, mais l’enfant qui sait s’accrocher à la vie, soutenu par l’arbre nourricier représenté par ses parents, arrivera à l’adolescence mieux outillé.  Une fois les turbulences de l’adolescence derrière lui, le jeune adulte voudra continuer d’apprendre pour y faire sa place.

Obéissant aux cycles de la vie, il grandira, tentera de devenir meilleur, fera du bien, commettra des erreurs, affrontera les tempêtes et pliera sans rompre, comme le roseau. Et, au crépuscule de sa vie, en dressant son bilan, il regardera derrière lui le chemin parcouru et tirera une grande fierté de ses actions, pas nécessairement glorieuses, mais toujours empreintes d’une grande sincérité et d’un désir de servir ses semblables.

Il y a déjà longtemps que nous savons que toute cellule, végétale, animale ou humaine, est mortelle. Heureusement pour les animaux et nous, les cellules mortes sont remplacées immédiatement par de nouvelles, à un rythme qui varie selon la nature même de la cellule. Ainsi, les cellules de la rétine sont remplacées tous les dix jours tandis que les celles des neurones peuvent vivre jusqu’à 60 ans avant d’être remplacées. Fascinant!

À la différence de la feuille, qui ne sait pas qu’elle va mourir, qu’elle n’a pas de seconde chance, une personne en a généralement pleine conscience, et cela peut déclencher, parfois, une féroce urgence de vivre. Cette conscience lui est par surcroît bien propre car on dit que même les animaux en sont dépourvus; il est cependant admis que les animaux peuvent ressentir quelque chose quand un de leurs congénères est dans une mauvaise situation, malade ou sur le point de mourir.

Et quand cette personne se sent comme une feuille mature, prête à se détacher de sa branche, elle s’abandonne pour alors goûter à la vie éternelle avec sérénité.

Pour ainsi retourner à la terre afin de la féconder à nouveau.

Alain Morand, région Estrie-Montérégie Est

Publié le 1er avril 2021

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