Concours d'écriture de JMV 2020

Sous le thème: Par une belle journée d'automne...

Tous les textes soumis au concours 2020 seront publiés à tour de rôle sur cette page.

*Les trois textes gagnants peuvent toujours être lus dans les archives.

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Par une belle journée d'automne...

 

 

Par une belle journée d'automne

De la fenêtre de ma chambre, suis saisie et je frissonne

Voyant le soleil descendre, il n’en fallait pas plus

Pour déclencher en moi un désir profond

De parler des saisons…  

 

De celle qui nous gèle,  de celle de la verdure,       

De celle des moissons, de nos quatre saisons.

 

Chacune montre ses charmes, inspirante et fidèle

Je baisse alors les armes et je me fonds en elles.

 

Je suis née en automne, rouge comme une pomme

Toutes les cloches sonnent, ma mère s’en étonne. 

 

 D’où vient ce vent du nord, qui s’amuse à souffler

Des feuilles de sang et d’or, c’est la fin de l’été.

 

Si vous venez d’ailleurs, vous serez étonnés

Les grands vents vous font peur, dans vos maisons rentrez !

 

Et les oiseaux nous quittent, vers des pays moins blancs,

La sitelle petite reste avec nous pourtant.

 

Les geais bleus, les mésanges gonflent leurs beaux plumages

Ils sont pour nous des anges qui gardent mon village.

 

C’est aussi la saison, la saison des vendanges

On travaille aux moissons, voilà la récompense.

 

Le temps fraîchit partout, 

Partout l’air froid s’ingère

Faudra ranger surtout, chemisettes, robes légères.

 

Et les mamans tricotent des gilets et des tuques

Aussi elles fricotent des galettes au sucre.

 

S’invite aussi la pluie, un fin rideau glacé

Qui sort les parapluies

Pieds et cheveux mouillés.

 

Sautiller dans les flaques, un jeu pour les enfants

De bien beaux petits lacs qui ne vivent qu’un moment.

 

Débordent les vergers, pommes, pêches et pruniers

 Préparez vos paniers, il faut tout ramasser.   

 

Mon potager frissonne, j’ai peur de la gelée

Mais c’est encore l’automne, il reste un peu d’été.  

 

Son souffle est encore chaud, percé de courants d’air

S’envole mon chapeau

J’entends une prière.

 

 Les fèves et les tomates sont à maturité

À genou, quatre pattes

Faut vite tout rentrer.

 

Tombent doucement les feuilles, rouges, dorées et ocres

Les petits écureuils, des glands ils transportent.

 

Fins, ces petits rongeurs cachent leur nourriture

Dans toutes les ouvertures et même sous les clôtures.

 

 C’est fini pour les fleurs annuelles et vivaces

Quelques -unes ont l’honneur d’entrer, s’il y a une place.

 

On range les serviettes, la baignade est finie

On pense à nos chaussettes

À la chaleur du nid.

 

Les fenêtres sont doubles.

Elles resteront fermées 

Serai dans ma doudou, près de la cheminée.

 

On aura eu beau dire que l’été était beau

Mais l’automne s’attire des soupirs, des bravos.

 

Les ruisseaux gèleront là-haut dans la montagne

Ce n’est qu’une illusion                    

Couleront comme du champagne.

 

Pudique, elle rougit

Avant de se mettre à nue

Ils courent dans les rues

Ses frisons, ses tutus.

 

Les érables rivalisent avec les conifères

Discrètement se disent

Qu’est-ce que ça peut bien faire !

 

Un peu partout ailleurs les pluies et la mousson

Ici, oh ! grand bonheur, on a quatre saisons.   

 

C’est ici au Québec quelles sont le plus marquées

J’aime bien faire avec, ici que je suis née.

 

J’aime toutes les saisons 

Elles suscitent en moi des soupirs, des émois

C’est comme des chansons.

 

Quelques flocons coquins tombent dans mon jardin

Ils pensent hébétés qu’l’hiver est arrivé. 

 

Les chasseurs sont fous, s’enfoncent dans les bois

Je suis triste malgré tout…

Les chevreuils aux abois.

 

Je passerai du temps à lire ou à écrire

Et dans mon cœur j’attends le retour du printemps.

 

Je rentre à l’intérieur, me tourne vers mon cœur

L’automne et ses couleurs m’invite à voir ailleurs.  

 

Quand ma maison sera fermée à double tour

Je garderai en moi l’automne et ses atours.

 

Alors je serai là, silencieuse et sereine

Et j’ouvrirai les bras

Aux neiges qui reviennent.

 

De retour au réel

Finie ma rêverie

Je déploierai mes ailes même si c’est la nuit.

 

« Dans le vent qui les tord les érables se plaignent

Et j’en sais un là-bas dont tous les rameaux saignent. »   Alphonse Daudet

Françoise Nadon, région de Lanaudière

Publié le 1er juin 2021