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Textes concours d'écriture 2025

Les trois textes gagnants ont été publiés et sont maintenant dans les archives.

Deux textes choisis parmi tous les textes reçus seront publiés 

chaque mois, puis seront aussi archivés.

 À lire ce mois-ci sous le thème

Si j'avais une autre vie à vivre, je voudrais être...

 par Marie Éthier

***Défiler jusqu'en bas pour le deuxième texte du mois.

Si j’avais une autre vie à vivre, je voudrais être…

​​

RÉALITÉ OU FICTION

Si j’avais une autre vie à vivre, je voudrais être une sorcière, comme l’était Dolo. 

Dolo était une personne extraordinaire avec un sens de l’humour, lumineuse, folle, mais tellement chaleureuse et attachante. Dolo n’était pas une sorcière ordinaire, non elle aimait lire dans le cœur des gens, savait comment leur annoncer la bonne ou la mauvaise nouvelle.

 

Dolo avait souffert, à 19 ans, elle avait perdu sa jumelle dans un accident tragique dont neuf personnes sont mortes. Dolo a été la seule survivante et a vécu avec ce cauchemar toute sa vie. Un an après son mariage, son mari quittait pour la guerre pour ne revenir que six ans plus tard le cœur lourd de tout ce qu’il avait vu et ne connaissant pas la petite fille de six ans qui l’appelait Papa.

Mais Dolo avait ce don, celui qui est rare, celui de voir dans l’avenir. Il y avait du bon, mais aussi du mauvais, car Dolo voyait tout et savait tout. Si son mari ou ses enfants avaient des problèmes, elle le ressentait. Mais elle avait cette grande qualité, celle de savoir qu’après la tempête il y aurait le beau temps et ça elle en était certaine.

Quand on écoutait Dolo, tout était une histoire. Était-elle vraie ou fausse ? Seule Dolo savait la réponse. Les gens l’adoraient et voulaient tous être son ami(e).

Combien de personnes ont défilé dans cette maison pour savoir leur avenir ! Tous sans exception repartaient avec le sourire et l’espoir que quelque chose de beau se dessinait pour eux. Chaque instant avec Dolo était magique et même ses grands silences étaient pleins d’histoire.

Je vous raconte l’histoire de Mélodie, Carmella, Pier, Paul et Dolo.

Carmella travaille dans un dépanneur à Laval pour Paul qui est son beau-frère. Paul a ce dépanneur depuis deux ans et déteste ça. Il en parle avec Carmella pour lui demander si elle serait intéressée à acheter le dépanneur. Mais, même si elle aime travailler pour Paul, elle ne se sent pas en sécurité pour acheter. Elle lui dit qu’elle connaît quelqu’un qui serait probablement intéressé. 

Le soir venu, elle décide de communiquer avec sa sœur Mélodie. Comme elle le pensait, sa sœur lui laisse entendre qu’elle en glissera un mot à son mari qui lui cherche quelque chose à acheter. Mélodie est très proche de sa mère Dolo. Elle communique avec elle pour lui dire qu’elle ira prendre un café avec elle dans la soirée.

Mélodie rendue chez sa mère discute de choses et d’autres, et tout bonnement, lui demande de lui lire les cartes. Sa mère déteste lire les cartes à ses enfants, mais, pour lui faire plaisir, acquiesce à sa demande. 

Quand Dolo tire aux cartes, il faut qu’elle se concentre cinq minutes et elle entre en transe et n’est plus la même.

Elle regarde ses cartes et lui dit que quelque chose de nouveau s’en vient pour eux et qu’elle voit un achat probablement de magasin, car elle voit de la  bouffe, des revues, livres, bonbons, etc. Elle lui dit : « Profitez-en, c’est une très bonne offre et ça vous rapportera beaucoup. »

La séance terminée, Dolo revient à ses esprits et continue son bavardage comme si elle n’avait rien dit.

Quelques semaines plus tard, Mélodie et Pier achètent le dépanneur et Carmella continuera à servir la clientèle qui est très attachée à elle.

Trois ans plus tard, Mélodie et Pier décident de vendre, le dépanneur et ainsi que  la maison, où il demeure. Ils sont décidés d’investir leur argent dans une compagnie de transport situé à Terrebonne et de déménager à Lorraine pour être à quelques kilomètres de la compagnie.

Pier engage donc un agent d’immeuble du nom de Ronald pour la vente de la maison. Ronald et sa femme étaient très sympathiques et Pier et sa femme sont devenus des amis proches.

Ronald vend la maison et Pier le convainc de partir en affaires. Ronald est jovial, empathique, toujours plein d’entrain, le gars idéal pour un dépanneur et, naturellement, Carmella continuera de travailler afin de les mettre au courant de tout.

Pier entraîne donc Ronald pendant un mois et le jour du transfert de possession arrive à grands pas. Tout le monde est nerveux, surtout les acheteurs. Pier travaille jusqu’à minuit pour tout mettre à l’ordre et remettre les clés au nouveau propriétaire le lendemain. Il a même organisé un petit banquet avec la famille.

Mélodie, dans l’intervalle, vers 19h, appelle sa mère pour lui dire qu’enfin, le lendemain, il serait libre du dépanneur. Vacances à Paris, déménagement et achat d’une autre compagnie. Sa mère l'écoute et lui dit pourquoi tu ne viendrais pas prendre un café à la maison pour parler de tes vacances. Alors, Mélodie se rend chez sa mère et elle trouve qu’elle a un air bizarre. Elle lui dit, maman, ça ne va pas. 

Sa mère lui répond, non, ma fille, j’ai le regret de te dire que ton Ronald n’achètera pas le dépanneur et je dois t'en parler pour que tu te calmes afin d'annoncer la nouvelle à Pier. Je lui réponds que c’est impossible, car nous devons passer chez le notaire demain à 10 h. J’ai parlé à Pier voilà quelques minutes et rien n’a changé. Dolo lui répond, je regrette, mais rien ne se fera demain. MAIS j’ai quand même une bonne nouvelle pour toi. À côté du dépanneur vous avez une épicerie Métro. Le président du Métro est un grand ami de ton ami Gilles. Je ne comprends pas comment il se fait que vous ne vous soyez jamais rencontré avant. Gilles va parler tout bonnement avec son ami président du Métro pour lui dire que Ronald n’achète plus et le président du Métro va lui trouver quelqu’un pour acheter le dépanneur. Je vais loin, mais le gars vous allez le reconnaître quand il va mettre les pieds au dépanneur. Il n’a pratiquement pas de cheveux, il aura un habit bleu et des chaussures blanches, ce qui est assez rare au mois de décembre.

Comme je l’ai trouvée drôle et cette fois-ci exagérée. Le soir quand je suis revenue, j’ai attendu le retour de Pier et, aussitôt qu’il a franchi la porte, je lui ai raconté ce que ma mère venait tout juste de me dire. Il m’a aussitôt dit, cette fois-ci, elle est vraiment folle, je viens de quitter Ronald et on se rencontre demain.

Vers une heure du matin, le téléphone sonne et c’est Ronald qui appelle en pleurant. Je ne veux plus acheter, j’ai trop peur et si j’achète, ma femme veut me quitter. Garde le 5000$ d’acompte et ne m’appelle plus. Bang…

Nous étions découragés, il fallait tout recommencer, annuler le notaire, appeler et tout annuler pour le petit banquet, le voyage à Paris, et tout ce que cela comporte de désagrément.

NUL N’EST PROPHÈTE DANS SON PAYS… MAIS… DOLO L’ÉTAIT…

Un mois plus tard, le dépanneur était vendu à Robert Trépanier sans contrainte. Tout ce que Dolo avait dit est arrivé. Elle a un vrai don ou parle au diable. Personne ne le sait… mais on a des doutes.

À PARTIR DE CE MOMENT-LÀ, DOLO N’A PLUS JAMAIS CONSULTÉ LES CARTES, CAR ELLE EUT VRAIMENT PEUR QUE LE DIABLE L’AIT POSSÉDÉE.

Mais moi, je serai comme elle, rêveuse, parlant aux étoiles, préparant des potions magiques pour consoler les personnes qui ont besoin d’aide.

J’éloignerai les gens qui font mal, je chasserai les peurs que mes enfants porteront et j’inventerai des sorts avec des mots d’amour et des rires sans fin.

Je serai capable d’influencer le monde avec des forces invisibles. Ces sorcières sont vues souvent comme des guérisseurs, des personnes qui te font avancer, car elles croient en toi.  J’essaierai d’aimer sans compter et montrer la même chose aux gens que j’aime. Je serai l’intermédiaire entre les esprits et les humains.

Dolo m’a appris à ne pas juger les autres, car on ne connaît pas leurs souffrances et leur ligne de vie.

Mais je sais que je suis une SORCIÈRE et que, dans ma prochaine vie, 

la SORCIÈRE en moi sortira.

Texte de Marie Éthier, publié mars 2026

**Madame Éthier, ne faisait pas partie du CA lorsqu'elle a participé au concours.

 

Textes "2"

Un rêve de jeunesse...

 par

Claude Mireault

Mon rêve d’enfant

Je devais avoir environ cinq ans lorsque des adultes de mon entourage commencèrent à me demander

ce que je voulais faire plus tard dans la vie. 

 

 Sans hésiter, je répondais : « Moi, je veux être une grand-maman ! »  

On avait beau me répéter que ce n’était pas un métier, j’y tenais mordicus, car mes deux grands-mères m’apparaissaient les femmes les plus heureuses du monde.   

 

Pourtant, la vie de chacune d’elles semblait aux antipodes l’une de l’autre. Ma grand-mère maternelle, Eugénie, veuve depuis déjà longtemps, avait gagné seule sa croûte et celle de ses deux enfants en tricotant de la layette en angora pour bébés que lui commandait une boutique du Faubourg à m’lasse, quartier ouvrier du Centre-Sud de Montréal — où nous avons nous-mêmes habités en famille avant de s’installer pour quelques années dans Hochelaga-Maisonneuve, alors lui aussi milieu ouvrier francophone.  

 Lorsque ma mère s’est mariée, Eugénie est venue vivre chez sa fille et son gendre pour le reste de ses jours. Tout au long de sa vie, elle a pris soin des cinq enfants de ma famille, dont je suis l’aînée.  

Même après avoir cessé de tricoter pour un magasin, Eugénie a longtemps continué à confectionner à l’aiguille de nombreux vêtements pour chacun de nous lorsque nous étions à l’école.  

 

Je me souviens qu’elle avait bon appétit, mais ne savait pas cuisiner. Les travaux ménagers n’étaient pas non plus sa tasse de thé. Et son allure assez peu soignée ne semblait pas la préoccuper.  

Elle préférait prendre son temps pour nous bercer, bébés. Nous aider plus tard à faire nos devoirs. Elle ne se lassait jamais de nous apprendre les tables d’arithmétique jusqu’à ce que nous les sachions vraiment par cœur.

Elle savait aussi nous consoler de nos chagrins… Sans elle, notre enfance n’aurait jamais été aussi douce et remplie de chaleur humaine.

 

 

De son côté, Alice, la mère de mon père était un véritable cordon-bleu. Elle avait eu trois enfants et mon

grand-père — simple ouvrier et locataire — avait pourtant jugé important de payer une aide domestique à

temps plein pour que sa femme, très perfectionniste, puisse « tenir maison » à son goût, c’est-à-dire de manière impeccable. Et Alice était aussi soignée de sa personne que de son intérieur d’appartement.

 

Mais jamais je n’ai senti que ma présence la dérangeait lorsque je passais des semaines entières chez 

elle, à Grand-Mère. Bien au contraire : dès mes 6-7 ans, elle prenait plaisir à me montrer à cuisiner, à 

dresser la table, à préparer des bouquets de fleurs sauvages et même à faire un lit comme dans un hôtel quatre étoiles. Rien de moins.  

Tout compte fait, malgré leur allure tellement différente et leur style de vie à l’opposé l’une de l’autre, 

ces deux femmes m’ont toutes deux prodigué tellement d’amour et d’attention tout au long de leur vie

que j’en éprouve encore aujourd’hui beaucoup de gratitude. Elles ont aussi chéri mes frères et sœurs, 

mais j’ai eu la chance de naître avant eux… J’ai la sensation d’avoir été pour elles, dès ma naissance, un merveilleux cadeau de la vie. Ce fut totalement réciproque. 

 Et un privilège pour moi de les accompagner l’une après l’autre, jusqu’à la fin de leur vie.

 

Or, le jour de Noël 2021, ma fille unique, Julie, a elle-même été emporté par un grave cancer. Ses 

deux fils, Arnaud et Jérôme, avaient alors respectivement dix et quinze ans. Quelques jours avant son 

décès à l’unité des soins palliatifs du CHUM, je lui avais promis de demeurer bien présente pour eux.  

Et j’ai répété ma promesse à Luc, mon cher gendre, en le serrant dans mes bras quelques minutes après 

le décès de sa femme. Eh bien ! je tiens promesse. 

 

Et c’est ainsi que je continue à vivre mon rêve d’enfant : être une grand-maman aimante et comblée.

 

 Texte de Claude Mireault, publié mars 2026                                    

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