top of page

Textes concours d'écriture 2023

« Je fais ou ne fais pas du bénévolat, parce que... »

Le legs du bénévolat 

 

Tout le monde connaît Obélix avec sa forte corpulence, ses tresses rousses et sa grosse moustache. Physiquement, je ne lui ressemble pas, mais je partage un trait commun avec ce personnage de bande dessinée. L’histoire veut qu’il soit tombé dans la potion magique étant petit. Eh bien moi, j’ai baigné dans le bénévolat toute mon enfance !

 

Ma grand-mère et ma tante Louise tricotaient des bas et des mitaines pour les nécessiteux comme elles les appelaient. Puisqu’elles n’étaient pas riches, mon oncle Albert leur apportait des vieux chandails et des vieux bas de laine de l’Abitibi. Selon les souvenirs de mon frère Philippe, tout le monde contribuait à défaire les vêtements et à mettre en pelote la laine recyclée. Elles y consacraient beaucoup de leur temps.

 

Depuis plus de 175 ans, la Société St-Vincent de Paul du Québec est un organisme de bienveillance à but non lucratif ayant pour mission de lutter contre la pauvreté. Mon père en a été un membre actif de 1958 à 1975. Durant la période des fêtes, il avait visité une famille nombreuse vivant sur un plancher de terre battue. Les manteaux accrochés à des clous étaient parsemés de glaçons. Fortement ébranlé, il nous avait partagé son expérience. Rarement, les gens venaient à la maison, mais leur quête imprégnée de détresse me marquait profondément. Côtoyer la misère me faisait apprécier notre vie de famille.

 

Ma mère, quant à elle, s’est occupée longtemps d’un comptoir vestimentaire dans le quartier Saint-Pierre. Situé en arrière de l’église paroissiale, il occupait le deuxième étage de la maison réservée aux activités des scouts. Desservant une clientèle plus défavorisée, Françoise et ses amies y mettaient beaucoup de cœur et d’énergie jusqu’à ce que le feu vienne réduire en cendres leurs actions. 

 

De mon côté, je sens la fébrilité montée quand le calendrier découvre la page de décembre. Bien sûr, mes projets sont mis à exécution quelques mois avant les fêtes. Comme ma grand-mère, je mets mon petit talent de tricoteuse à exécution. Des piles de foulards et de tuques s’accumulent. Auprès de ma famille et de mes connaissances, je ramasse des vêtements usagés. J’y rajoute des produits d’hygiène et des petites douceurs selon les suggestions de L’orignal tatoué, un café de rue pour les jeunes de 16 à 30 ans en rupture sociale et/ou familiale.

 

La maison Pauline Bonin s’adresse aux femmes monoparentales vivant certaines difficultés et qui veuillent retourner aux études. À ces douze femmes courageuses et audacieuses et à leur famille, je prépare un sac rempli de nourriture et de produits pour la maison. Bien sûr, des bonbons pour les enfants s’ajoutent à leur panier de Noël.

 

La ville de Joliette appuie un projet de jumelage permettant à ses citoyens d’offrir un cadeau à un enfant des Centres jeunesse de Lanaudière pour Noël. Aux deux enfants dont le nom est tiré au sort, ma fille et moi prenons plaisir à magasiner jouets ou accessoires figurant sur leur liste de suggestions. 

 

Il arrive aussi, selon les besoins, que je mette mon talent d’écriture au service de personnes seules. Dans la résidence pour personnes âgées de ma mère, j’envoie douze cartes de Noël portant un message de joie et de paix.

 

Je me dois de redonner au suivant moins choyé par la vie. Ce geste constitue un plaisir toujours renouvelé, celui d’adoucir la vie de ces personnes l’espace d’un moment.  

 

Ma baignade dans l’enfance m’a laissé des séquelles permanentes. En rédigeant ce texte, force est de constater que je pose exactement les mêmes gestes que ma grand-mère et mes parents. Fière héritière de ce legs humanitaire dont bénéficient chaque année les gens de ma communauté. Que voulez-vous, j’ai le bénévolat tatoué sur le cœur. 

Texte de madame Claire Gauvreau, Lanaudière

Publié le 1er avril 2024

gettyimages-183371968-612x612.jpg
bottom of page