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Thème...Et la vie continue

Et la vie continue

Avec ses hauts et ses bas, ses certitudes et incertitudes, la vie est une réelle aventure avec ses joies et ses chagrins ; une surprise du jour au lendemain.

Quand nous perdons une personne chère à notre cœur, nous nous demandons, comment allons-nous continuer sans elle ?  Mais, la vie est là en nous ! Nous avons cette petite flamme au fond de notre âme qui nous pousse vers le haut et nous continuons malgré tout. Quand nous apprenons de mauvaises nouvelles concernant nos proches, nous gardons espoir que quelque chose viendra changer le cours des choses et que le soleil brillera à nouveau.

Puis, la vie reprend son cours et nous surmontons nos difficultés. Nous prenons d’autres habitudes et apprécions le temps présent; celui qu’il nous reste, le temps file tellement vite !

Les années passent, heureusement le bonheur des jours joyeux ne s’oublie pas. Toutes ces journées toujours trop courtes, où nous avons tant ri, où notre complicité était au top de nos vies. Elles sont ancrées en nous. La souffrance aussi ne s’oublie pas, mais, amoindrie par le bonheur elle a pris la fuite, et la vie continue…

Le monde a tellement évolué. Cette évolution qui au fil des décennies, nous a apporté bien-être et technologie qui facilitent notre quotidien. 

Quand je compare mon passé à ma vie présente, il y a tout un monde !

Je suis née en 1946, j’ai été élevé par une nourrice, qui à elle seule a élevé 82 enfants. Et cela avec bien peu de moyens et si peu de confort…

La vie continue, avec les recherches et les avancées de la médecine, qui nous permettent de vivre plus longtemps avec moins de souffrances. Malgré cette évolution, les guerres font toujours de grands ravages et contraignent trop de gens à vivre dans une grande misère.

 Les nouvelles technologies avec leurs gadgets nous rendent la vie plus douce, plus confortable. Surtout celle de nos jeunes. Mais comme tout ce qui est nouveau, il en ressort du bon et du mauvais: la dépendance, le détachement de la vie réelle. Plus personne ne prend la peine de se parler, on s’envoie des messages, on texte…

Tout n’est pas négatif, il y a un aspect pratique et agréable, mais tout est question d’équilibre; il s’agit de trouver le juste milieu ! Moi-même, j’ai un téléphone cellulaire dont je ne me départirais pas. J’utilise Internet très souvent. J’apprécie cette nouvelle façon de communiquer avec des personnes au loin. Il faut vivre avec son temps, dirons –nous ! 

Mais l’exagération n’était-elle pas dangereuse ?

Et la vie continue, elle est teintée de confrontations, de déséquilibres; la résilience est souvent la seule issue. Accepter le passé pour mieux vivre le présent. La vie n’est pas un long fleuve tranquille, mais elle vaut la peine d’être vécue.

À bientôt 73 ans, je ne me sens pas vieille et pourtant l’hiver n’est plus loin, mes rêves, mes ambitions se sont envolés et je ne peux plus les rattraper…

Je souhaite laisser à mes enfants et petits enfants une terre où il fait bon vivre. Je participe à ma manière à l’écologie et j’espère que la terre leur en offrira autant qu’elle nous a offert. 

Je reste persuadée qu’ils feront bien plus que nous, j’ai confiance dans cette jeunesse: tout n’est pas perdu. Quand je regarde mes petits enfants, je me dis que le meilleur reste à venir. 

En prenant de l’âge, on apprécie davantage ce que la vie nous donne, ces petits moments simples et savoureux, qui nous mettent du baume sur le cœur.  

Je me suis inscrite à « Lire et faire lire »  un programme qui consiste à donner le goût de la lecture aux enfants. C’est du bonheur à l’état pur! C’est très valorisant et enrichissant pour nous comme pour eux.

Je m’attendris encore sur ce que la nature nous offre, comme par ce matin de froid glacial, où sur les fenêtres de mon chez-moi, se dessinent toutes sortes de petites formes bizarres. Au départ, avec  mon imagination qui vagabonde, je vois tantôt des petites fleurs, tantôt des étoiles, puis des oiseaux qui changent de formes à tous moments. C’est magnifique ! 

Digne d’une toile d’un grand artiste. Sur l’autre côté, il y a deux magnifiques pins centenaires. La neige qui s’accumule sur leurs branches leur donne un effet magique. Je vois aussi quatre érables majestueux qui chaque saison s’habillent de robes différentes, mais le plus beau à mes yeux, c’est lorsqu’à l’automne, ils revêtent leur magnifique toilette d’un rouge flamboyant. C’est ça la vie…

Je suis une nostalgique, je regarde souvent en arrière; certaines situations avec regrets et d’autres, avec satisfactions. Je n’ai pas toujours fait le bon choix, pris le bon chemin: mon enfance, mon adolescence, ma jeunesse sont passées, je n’ai pas fait tout ce que je voulais. Mais, fait-on toujours ce que l’on veut ? 

 

J’aime la vie, j’aime mes enfants et petits-enfants qui sont ma raison de vivre. J’aime les gens, je crois fermement en l’humanité, je souhaite m’émerveiller encore et encore.

Et la vie continue son petit bonhomme de chemin, bon gré, mal- gré !

               

Texte de Danielle Lemonier , Montérégie-Est

Publier le 1er juin 2020

« ET LA VIE CONTINUE…»

 


Survivant heureux.

Au milieu de la soirée, un beau gros poupon vient de naître.  Preuve qu’il est en bonne santé, le bébé pleure.

La mère, elle, se bat avec sa vie…

Le papa est débordé, trop d’évènements s’accumulent !


L’état de sa femme l’obligera-t-il à choisir entre la vie de l’enfant et celle de la mère ?
Et, que veulent dire tous les pleurs du bébé ? 

Il a probablement faim tout simplement. Mais interdiction médicale de lui donner quoi que ce soit avant la visite de l’infirmière qui aura lieu seulement le lendemain avant-midi. Sauf que le père, lui, a besoin de sommeil. On est en pleine crise, le travail est rare; il doit sans faute se présenter à l’usine. Puis, il y a deux autres jeunes enfants à la maison dont on doit s’occuper. Alors, on donne un peu d’eau bouillie au bébé. 

Il s’endormira jusqu’aux petites heures du matin, juste ce qu’il lui faut de temps pour refaire ses forces. Comme le concert de pleurs reprend de plus belle, on lui redonne de l’eau bouillie, puis on le dépose brusquement dans sa « bassinette ».


Le pourquoi de ces pleurs ne sera jamais résolu pour et par les adultes. Mais des années plus tard, le bébé devenu lui-même adulte le découvrira lors de thérapies.

 Il ne voulait pas naître sans son frère jumeau. Déjà en quittant le ventre de sa mère il savait qu’il ne le verrait plus jamais…

Heureusement, pour le bonheur de toute la famille, la mère, elle, survivra.

À l’âge de dix mois, le bébé est très malade; diagnostique, le scorbut.  Malgré les six à sept jus d’orange par jour, il n’y a pas d’amélioration. C’est plutôt le contraire. Le médecin ne comprend pas, et son pronostic est très pessimiste. 

Encore une fois, l’explication viendra plus tard : le petit ne se sent pas bien accueilli ni aimé, alors il se laisse mourir…mais miracle ! Un évènement se produit. Le père se laisse aller à sa douleur et l’enfant perçoit enfin l’amour de son papa. Dès lors, la remontée vers la santé s’amorce.

Le bébé devient un enfant, puis un adolescent. Mais, il était toujours sur ses gardes. Il se fait une carapace. Un petit monde à lui. Car pendant tout ce temps, son entourage ignore ou tait la souffrance de cette petite victime d’inceste…

 

Il fuit grâce à son amour de la nature et des animaux, surtout ceux qui comme lui, sont blessés. On ne compte plus le nombre de ces estropiés rapportés à la maison et qui seront soignés par la maman.

Notre ado de 14 ans est en deuil.  Un mois avant Noël, son père, meurt subitement d’une crise cardiaque. Il était âgé de seulement 48 ans.

La première réaction de la maman: « Qu’allons-nous faire? Votre papa est mort. » 

Mais sa résilience et sa grande foi en la Providence Divine lui redonneront des forces. 

 

Réunion de famille avec les six enfants, tous mineurs. On discute des responsabilités de ceux en âge d’en prendre : les deux aînés continueront leur travail à l’usine de biscuits. Les salaires sont minces, mais ce sera le seul revenu pour quelque temps. Les trois suivants poursuivront leurs études, le petit dernier n’a que 4 ans ½ .

Grâce à la Providence qui ne fait pas défaut; tous les vendredis soirs, pendant six mois, il y aura une grosse commande d’épicerie livrée à l’appartement. On ne connaîtra jamais le généreux donateur, mais cela évitera aux enfants de se coucher sans souper. Pendant un certain temps, l’aide aux veuves nécessiteuses fournira un montant pour couvrir le coût du loyer. Pourtant, un jour arrivera où la famille sera évincée, faute de paiements depuis plusieurs mois. 

Nouveau gîte, nouvelles écoles, nouvelles sources de revenus, et une aide monétaire d’un organisme de bienfaisance pour les dépenses scolaires. La petite équipe tient bon, demeure solidaire, découvre des moyens honnêtes de survivre. Malgré la grande pauvreté, il y a une très grande richesse d’amour mutuel : merveilleuse de fraternité, de débrouillardise, de partage et d’action de grâce.

Et la vie continue…

Les études terminées, c’est le départ de la maison de ce jeune affamé de liberté et d’un meilleur avenir financier… C’est là que cet être humain hypersensible découvrira sa personnalité, ses talents, ses goûts; le bien-être ressenti lui révèle la beauté, la richesse, la grandeur de la vie. 

Les engagements sociaux, le bénévolat, les études, les voyages; tout cela contribue à enrichir l’existence de notre adulte. Tout doucement, la découverte de son essence se révèle, mettant un baume sur les blessures toutes refoulées sous une lourde cloche de verre.

Arrive la cinquantaine. Un accident d’automobile vient à nouveau chambarder tout son vécu. Plus de trois années de démarches infructueuses avec l’assurance automobile : la déprime s’installe. Miraculeusement, un ange est placé sur sa route. Ce neurologue qui posera le bon diagnostic, qui l’accompagnera dans les démarches conduisant en  réadaptation dans un centre d’encéphalopathie. Une autre étape se prépare.

C’est la retraite prématurée, non prévue, l’adaptation à un différent mode de vie, avec pour seuls revenus, l’aide sociale !

Une estime de soi à rebâtir, l’apprentissage d’une existence avec des moyens cognitifs réduits. Mais aussi, la découverte de nouveaux intérêts. Entre autres, la généalogie et la sculpture sur bois.

Et la vie continue…pour notre octogénaire qui espère encore une bonne vingtaine d’années à savourer ce temps qui lui fut prêté par son Créateur, avant de la poursuivre dans des conditions sans fin de paix et de joie.
Éternellement dans toute Sa splendeur et Sa générosité.

 

Micheline St-Cyr

Publié le 1e mai 2020

Et la vie continue…

 

Pour ces aventurières, telle Hélène de Champlain qui ne vivra que quatre ans en Nouvelle-France, mais qui savait rallier les peuples amérindiens par sa compréhension, son partage et son respect de ces peuples. Et la vie continue…

 

 Pour nos pionnières qui décidèrent d’affronter l’hiver rigoureux en demeurant avec leurs époux qui bâtirent le pays à grands coups de berceaux et qui firent les premières à braver l’inconnu. Et la vie continue…

 

Pour les bâtisseuses venues de partout dont les Filles du Roi, pour trouver époux et agrandir la population de la Nouvelle-France. Elles travaillèrent d’arrache-pied pour survivre dans nos contrées et affrontèrent les guerres pour la survie de notre langue et de notre culture et secondèrent leurs valeureux époux parfois jusqu’à prendre les armes contre l’envahisseur. Et la vie continue…

Pour nos arrière-grands-mères qui remplirent de longues tablées d’enfants affamés réclamant les denrées parfois limitées et qui faisaient des miracles avec un rien, prenant les commandes de leur famille lorsque leurs maris étaient partis au chantier de l’automne jusqu’au printemps. Par la débrouillardise de ces femmes à l’instruction réduite à leur expérience de Vie, mais oh combien enrichissante. De leurs mains gercées par tant de labeurs sur les planches à laver et leurs jardins en rangées bien alignées travaillant du lever au coucher du soleil pour rendre autonome leur progéniture. Et la vie continue…

 

 

Pour nos grands-mères avec leurs douze enfants, pour gagner leur ciel et répondre aux exigences de la religion et qui s’oubliaient complètement au détriment de leur santé. Ces dizaines d’enfants accrochés à leur tablier réclamant sans cesse leur attention. Elles se sont sacrifiées pour leur marmaille. En temps de guerre, la peur au ventre et craignant la perte de leurs hommes, par leur débrouillardise en échange de coupons qui firent des miracles par la pénurie des denrées et troquèrent leur planche à laver contre le moulin à tordeur pour plus d’efficacité. Et la vie continue… 

 

 

Pour nos mères qui n’auront que trois ou quatre enfants. Grâce à la vie en usine de leur conjoint, elles demeureront à la maison pour mieux éduquer et instruire leurs enfants pour qu’ils aient une vie meilleure grâce à la scolarité. Elles cuisinent, elles cousent, elles jardinent avec en tête l’augmentation de la qualité de la vie familiale. Avec leur corde à linge étendue par couleur et qui eurent le privilège d’utiliser les laveuses automatiques, ce qui leur permit de gagner un temps précieux pour bouquiner, suivre des formations en tout genre et participer à la vie communautaire pour mieux s’émanciper. Et la vie continue…

 

Pour ma propre génération qui eut quelques loisirs et le loisir d’étudier et qui décidèrent de n’avoir qu’un ou deux enfants pour trouver le temps d’intégrer le marché du travail à temps plein. Elles passèrent de superwoman à femmes épuisées par tant de tâches, d’obligations, de performance au travail et à l’entretien de leur maison comme le faisait si bien leur mère. L’épuisement les guette et la responsabilité leur incombe de toutes les tâches attribuées à leur condition de femme par les exigences de la société. Elles furent rapidement essoufflées et revendiquèrent l’égalité pour améliorer le sort des femmes et celui de leur propre fille. Et la vie continue…

 

Pour ma fille, qui diplôme en poche se présente pour des travaux moins énergiques, mais à la vie tumultueuse pour les nombreux allers-retours au travail, à la garderie, à l’école, aux loisirs et les voyages de leurs enfants pour leur permettre de découvrir et avoir une ouverture sur le monde. Pour gagner du temps, elles utilisent la balayeuse-robot, le lave-vaisselle, la laveuse-sécheuse automatique à cycle rapide. Et la vie continue…

 

Pour mes petites-filles où toutes les possibilités s’offrent à elles, à l’ouverture et à la vision mondiale par leur voyage, peut-être vers une vision planétaire et même de l’univers. Par la responsabilité qui leur incombera de protéger l’environnement de ce monde, de cet univers auquel nous appartenons tous. Et la vie continue et continuera tant et aussi longtemps qu’il y aura des mères et des filles pour continuer l’œuvre de ces dernières et même les dépasser, accompagnées de leur tendre moitié.

 

Texte de Suzie Gagnon de Crabtree, publié le 1er mars 2020

Mon histoire d’Amour

Depuis quelques mois, je revis l’histoire de ma vie.

 

Papa travaille pour le gouvernement et maman est infirmière.  Après neuf années d’attente, enfin j’arrive dans leur vie. Quelle joie pour papa de me présenter à notre grande famille qui m’attendait depuis si longtemps  !

Je vous présente Jeanne. Elle est née le 24 juin, fête de la St-Jean-Baptiste. 

Maman quitte son travail pour s’occuper de moi et me gâter.  Elle me racontait sa joie lorsqu’elle m’a prise dans ses bras pour la première fois, avec mes cheveux noirs et raides sur la tête, et mes grands yeux bruns. Selon elle, j’étais la plus belle au monde.

Depuis ma tendre enfance, je vis un véritable conte de fée. Je réalise la chance que j’ai d’être fille unique. Je suis choyée et gâtée, par mes grands-parents, oncles, tantes, cousins et cousines et beaucoup d’amies. 

Comme beaucoup d’enfants, très jeunes, j’ai appris à parler, à marcher, à tomber, et me relever. Jeune, mes sports préférés étaient de grimper et fouiller partout. Maman me répétait souvent, fait attention. Naïvement, je suis son conseil et je suis prudente.

À chaque anniversaire, c’était la fête. Maman invitait mes cousins, cousines et mes amis. Rien ne manquait. La cour était décorée pour l’occasion et maman organisait toujours de nouveaux jeux.   Une fête sans gâteau n’est pas une fête. Elle passait des heures à décorer mon gâteau qui était toujours magique. Chacun repartait avec un sac de surprises et de friandises que maman leur avait préparé. Ce rituel s’est continué durant de nombreuses années.

Le temps passe vite, déjà cinq ans. Je dois laisser mes parents pour commencer la maternelle. Je suis craintive de ce premier changement important dans ma vie et me retrouver seule dans un endroit inconnu. Je n’ai ni frère et sœur pour me sécuriser, donc durant le premier mois, chaque matin, maman m’accompagne jusqu’à l’école. 

Je suis une enfant sociable. Mon adaptation face à ce changement s’est faite assez vite. J’ai rencontré de nouvelles amies.  Après mon primaire vient le secondaire, un autre changement dans ma vie. L’école est un peu plus loin, je voyage en autobus et le dîner se prend à l’école.

« Et la vie continue… »

De  l’école secondaire, je fais mon entrée au collège. Je suis studieuse et je réussis bien. Ces quatre années passent rapidement et je reçois mon diplôme avec une note : Grande Distinction.

Mes parents sont très fiers de moi.          

Après deux mois de vacances, je me retrouve sur le marché du travail comme secrétaire dans une école. Je me sens bien et heureuse dans cet environnement, auprès des jeunes. 

Sans m’en rendre compte, je vieillis, toujours entouré de ma famille et de nombreux amis et amies. J’apprécie beaucoup mes sorties, soit au théâtre, au concert, ou prendre un bon café au resto, avec mes amies, tout en partageant nos projets. 

Je pratique certains sports : la marche, la bicyclette, le jogging et le patin en hiver. Je suis tellement bien, j’oublie que je suis toujours célibataire.

 

Mais la vie nous réserve de belles surprises. Je suis invité à la réception de mariage de ma meilleure amie.

Je connais toute la famille, alors je me présente sans être accompagné.  Au cours de la journée,  je remarque un beau jeune homme qui semble seul lui aussi. Comme je suis timide, je le regarde du coin des yeux en espérant qu’il me voit.  Après un long moment, il vient me demander pour une danse. J’hésite un peu pour me laisser désirer et j’accepte son invitation. Après la danse, on s’installe à une table. Il m’offre un verre de vin. Je ne sais pas si c’est le vin qui fait effet, mais nous commençons une longue et belle conversation.   

Il me raccompagne à la maison. Je le présente à mes parents. Ils le trouvent sympathique et poli.  Je n’ai pas dormi cette nuit-là. Je pense à lui et j’espère le revoir bientôt.

Quelques jours plus tard, les sorties ensemble commencent. Lentement, on apprend à mieux se connaître.  Après une année de fréquentation, ce fut la grande demande en mariage. Connaissant ma mère, nous mettons nos conditions : c’est un mariage et une réception très simple que nous souhaitons. Elle accepte notre demande… même ce si n’est pas son choix. 

Notre mariage fut célébré par une belle journée ensoleillée du mois de juillet. Nos deux familles sont réunies pour célébrer cet évènement important dans nos vies. Quelle belle journée remplie de bonheur et d’amour  !

« Et la vie continue… »

Après notre mariage, je continue mon travail. Nous réalisons un premier rêve, l’achat de notre maison.  Puis vient le goût du camping et des voyages. 

Nous avons créé une tradition, depuis que nous sommes mariés ; le samedi soir ou le dimanche midi, nous allons manger chez mes parents ou chez mes beaux-parents. Mariés depuis plusieurs années, sans enfant, nous nous laissons gâter. 

À la fin d’un souper chez mes parents, ils nous disent : préparer vos valises; vendredi prochain, nous partons ensemble pour la fin de semaine. Wow ! Quelle surprise, c’est la première fois que nous recevons une telle invitation. Habituellement, c’est nous qui invitons nos parents pour des sorties de fin de semaine.  Comme promis, vendredi après-midi mes parents arrivent. Mon père est au volant. Nous sortons de Montréal et il prend la route des Laurentides. 

Mes parents ont loué un très beau chalet à Sainte-Agathe. Il est situé sur le bord d’un lac avec vue sur les montagnes. On s’installe confortablement. Pour terminer la journée, c’est une sortie au resto pour souper. Je passe une superbe nuit en rêvant à tout ce qui m’arrive de beau dans ma vie, depuis ma naissance.

Samedi matin, une autre surprise, mes deux cousines préférées arrivent pour passer la fin de semaine avec nous. Maman a tout prévu. Elle a apporté de la nourriture en abondance. Elle nous prépare un bon dîner. Il fait très beau, nous prenons le repas, dehors sur le patio et la jasette se continue. Sur la fin de l’après-midi, ma douce maman nous propose d’aller marcher et explorer le bord de l’eau. Durant ce temps, elle se met à l’œuvre avec papa pour décorer un peu l’intérieur du chalet et préparer le souper.

 

En revenant de notre excursion, sur la table dehors, maman a déposé une belle assiette de hors-d’œuvre de toutes sortes que nous dégustons avec une coupe de champagne. 

Par la suite vient un repas aux chandelles : une fondue, mon mets préféré. Pour dessert, un gâteau décoré avec 50 chandelles.

Je reçois une gerbe de fleurs et quelques cadeaux. 

Bien oui, c’est mon anniversaire. Rien ne manque, je suis comblée. La journée se termine autour d’un feu de camp. Une fois de plus, je partage la joie d’avoir des parents si généreux. 

Ils m’ont choisie lorsque j’avais un mois. À ma naissance, ma mère biologique m’a laissé à l’orphelinat. Lors de mon adoption, mes parents n’ont reçu aucun détail de ma naissance et de ma mère.

Parfois, je pense à elle. J’aurais aimé savoir qui elle était… blonde, noire, petite, grasse.  Est-elle heureuse? Seule ou mariée avec ou sans enfant? A-t-elle fait des démarches pour me retrouver et savoir ce que je suis devenue?

Des questions qui restent sans réponses.

Quelle belle fin de semaine remplie de joie et d’émotion que je viens de vivre !

Merci pour cette belle histoire d’AMOUR que je partage avec mes parents depuis 50 belles années. 

Merci, Merci, Merci pour tout.

« Et la vie continue… »

Amoureuse de la vie.

Texte de Pierrette Lemieux, Cornwall, Ontario; publié le 1er février 2020

Et la vie continue

 

C’est à l’aube de mes six ans, en ce début septembre par une belle matinée ensoleillée, que ma vie bascule et que l’équilibre se rompt.

J’apprends à travers les cris et les larmes de maman que quelque chose de grave est arrivé. Je comprends vaguement, sans toutefois réaliser pleinement la gravité de la situation, que cela concerne papa.

Elle répète sans cesse qu’elle veut le voir; je m’accroche à elle et mes cris et mes pleurs se mêlent aux siens.

La vie s’est arrêtée en lui et jamais plus je ne le reverrai.

À ce moment, je ne comprends toujours pas vraiment ce qui se passe. Les jours qui ont suivi sont tombés dans le néant. Je ne sais pas de quoi ils ont été faits ni combien de temps s’est écoulé avant que ce chaos réorganisé devienne le quotidien qui sera désormais le mien. 

Malgré tout, la vie a continué. Évidemment elle est bien différente de ce qu’elle était auparavant puisque

la fratrie est dispersée. Chacun des quatre enfants est pris en charge par un membre de la famille ; moi, je dois aller vivre avec maman. Cela implique que je dois aller chez une gardienne lorsqu’elle n’est pas là, ce qui arrive malheureusement bien trop souvent.

Mon enfance a passé ainsi dans un mélange d’univers; tantôt agréable dans la petite ferme de mes grands-parents, le temps d’une vacance ou d’une fin de semaine, tantôt dans un quotidien auprès de cette gardienne peu chaleureuse qui régentait ma vie. Le climat de crainte qu’elle instaurait ne faisait qu’alimenter la peur, elle a muselé mon enfance.

 

Les années ont passé, un peu de ma jeunesse aussi. Nait en moi je ne sais comment cette certitude qu’un jour je serai heureuse. Je ne sais pas encore trop de quoi sera fait ce bonheur, mais mon cœur est nourri de cet espoir qui malgré la tourmente du quotidien ne faiblit pas.

C’est ainsi que la vie à continuer, l’adolescence à frapper à ma porte. Je lui ai ouvert les bras un peu timidement je dois dire, je ne savais pas trop ou allait me conduire cette nouvelle avenue. Encore bercée par les contes et les lectures de l’enfance je commençais à rêver à mon avenir. Le passé, le réel et le futur se mélangeaient un peu dans ma tête. Je n’étais certaine de rien en fait si ce n’est cette certitude que le bonheur était pour moi quelque part dans cette mouvance de la vie que j’aurai voulu voir avancer plus vite à certains moments.

À l’aube de mes 16 ans j’ai dû arrêter l’école, j’arrive alors sur le marché du travail bien timidement je dois dire. Sans diplôme, ma recherche me contraint à chercher un emploi qui ne requiert aucune qualification. Je suis finalement embauchée dans une famille pour garder deux enfants et assurer l’entretien de la maison. Durant mes fins de semaine je sors dans les bals de la région avec mon amie Sylviane, nous nous amusons et rencontrons de nouveaux amis.

Peu à peu j’ai rêvé à d’autres horizons, deux ans plus tard, j’ai frappé à la porte de l’hôpital de la ville la plus proche et je fus embauchée. Nouvelle aventure et non la moindre puisque j’y appris deux métiers : celui d’aide-soignante et d’infirmière. Ce dernier constituera une grande partie de ma carrière professionnelle. 

Toutes ces expériences depuis l’enfance jusqu’au moment où j’ai ouvert la porte à plus d’autonomie ont façonné la femme que je suis devenue et m’ont entrainée dans une quête plus profonde que je dirais identitaire.  Mon vécu de jeunesse a laissé des cicatrices douloureuses qui ont eu besoin d’un peu d’attention de ma part, elles ont aussi fait de moi un être qui a acquis cette capacité à rebondir que l’on nomme aujourd’hui  résilience.  Cette reconquête de moi-même s’est faite peu à peu et m’a amenée sur des routes que je n’aurai jamais pensé à emprunter comme celles du Québec puisque j’y suis aujourd’hui installée depuis bientôt 31 ans.

La vie y continue, celle que j’ai choisie, elle est faite de ces tous et rien que nous connaissons tous. Je n’ai pas eu d’enfant, mais mon conjoint devenu veuf m’a offert sa famille et je peux être une grand-maman heureuse de temps à autre.

Dans cette aventure de la vie, il y a ceux qui arrivent et ceux qui partent. Le quotidien se réorganise toujours au gré de ces mouvements, qu’ils soient heureux ou pas. Il suscite maintes questions qui nous invitent à nous arrêter, car qui un jour ou l’autre ne s’est pas questionné sur le sens de la vie. Surtout lorsque celle-ci nous parait absurde et incompréhensible comme le départ d’un être cher qu’il soit un parent ou un ami ou la mort d’un jeune enfant. Pourquoi lui ou elle, pourquoi maintenant et comment continuer sans eux? Tant de pourquoi et de comment et pourtant chacun trouve une façon de se consoler pour continuer à avancer en essayant de  trouver un sens-là ou humainement il n’y en a pas. Je n’ai pas fait exception à la règle et ma quête identitaire m’a aussi conduit vers celle du spirituel, car il fallait bien continuer…

Je suis maintenant retraitée suite à une longue carrière au service du soin   de la personne comme infirmière et comme massothérapeute deuxième métier que j’ai pratiqué durant une bonne dizaine d’années.

La vie offre parfois de beaux cadeaux, il en est un qu’il m’a été donné de recevoir durant une bonne partie de mon existence. Aux croisées des chemins sur tous ceux empruntés, le temps d’un arrêt la vie m’a offert la présence d’une rencontre. Un regard, un sourire, une bataille de boules de neige ou tout simplement un pas à pas dans le quotidien, au travail et voilà que l’ami s’inscrit dans la mouvance de ma vie en prenant une place toute spéciale. Quelques rencontres brèves pour le temps d’une vie et mon cœur s’est ouvert pour offrir la place à l’échange et la possibilité d’une relation plus durable. Lorsque la vie m’a entrainé plus loin vers d’autres horizons et j’ai laissé derrière moi ces fleurs de passage ne pouvant toutes les emmenées dans mes bagages. Je me souviens de tous ces bourgeons qui auraient pu fleurir ma maison ils sont là en dormance, car ils n’ont  pas été nourris de ma présence, ils ont été des amis qui ont laissé leurs empreintes en moi avec qui j’ai vécu des moments intenses. Sans eux dans ces étapes de ma vie je n’aurai pas su aussi bien vivre ce que j’étais à ce moment-là. 

Il y a ceux qui ont su résister à mes absences et mes silences et qui au loin gardent les bras grands ouverts. Je les retrouve comme si le temps n’avait pas de prise dans ce lien qui nous unit au-delà de toute espérance. Mes amis de toujours sont tout là-bas aux quatre coins de ma France natale. Lors de mes retours nous reprenons le partage de nos vies comme si nous nous n’étions jamais quittés. Tous les au revoir ne sont jamais des adieux, ils nous permettent de continuer à grandir comme les arbres dans une grande forêt et tout au loin je peux les apercevoir,  car  leur vie comme la mienne continue et nous savons que nous nous retrouverons. Aujourd’hui avec les amis d’ici cette aventure se poursuit, elle n’est pas finie.  

Si quelques regrets viennent parfois teinter mon ciel, ils s’éloignent vers l’horizon n’emportant avec eux que quelques soupirs. La vie continue quelques en soit les événements qui la traversent, elle est là dans chaque lendemain à l’aube de chaque jour qui se lève, comme une lueur qui apparait doucement après la nuit. 

Pourtant tout est là comme hier, la nuit n’a rien effacé, on sait même que parfois elle porte conseil. Mais tel un cours d’eau, elle a poursuivi sa course sans que j’en aie conscience me conduisant vers cette aube porteuse de promesses de nouvelles réalisations.

Comme tout un chacun j’embarque bien souvent et bien vite dans l’automatisme du quotidien et je m’oublie bien souvent encore dans cette routine. Je sais malgré tout que je peux revenir à ce lieu de moi ou je peux avancer un peu plus dans la conscience de qui je suis, me sentir mieux et réaliser davantage ce qui me tient à cœur pour continuer à bâtir l’avenir qui est le mien avec tous ceux et celles que j’aime.

 La vie continue à l’extérieur de nous nous devons sans cesse nous adapter, ce qui représente tout un défi en soi, car tout évolue très vite, la science, la technologie nous dépasse bien souvent, la vie en nous change aussi, le corps se transforme au fil du temps qui passe. Elle se poursuit aussi au-dedans de nous, car nous sommes en constante évolution et l’aube revient toujours inlassablement pour nous entrainer vers demain.

 Cette histoire  n’est pas terminée, car la vie continue quoiqu’il arrive.

 

Texte de Joëlle Perrier, publié le 1er janvier 2020

Dimanche matin, 6 heures.

 

Le soleil de mai commence à réchauffer les généreuses terres de la petite municipalité de Saint-Ours ; avec mon chien Ti-Noir aux trousses, je roule à bicyclette vers le village. La route longe la rivière Richelieu, tranquille à cette heure-là. Sur les fermes, j’entends le bruit que font les fermiers et les vaches, qu’on prépare pour le trait. Je me sens immergé dans l’air du matin et je suis heureux : il me semble que tout est beau. Au loin, je vois le clocher de l’église, où, pour entretenir mon ambition de devenir prêtre, je m’en vais servir la messe.

Mais avant, je dois passer au magasin général de mon grand-père prendre un chaudron de bines pour l’apporter chez le boulanger, qui les fera cuire tout l’avant-midi, dans ses fours à pain, car ma grand-mère attend de la visite pour le dîner. J’aime bien qu’on me confie ce genre de responsabilité, cela me donne une petite importance.

Chez le boulanger, la forte odeur du pain me met l’eau à la bouche, mais je ne peux manger, car je dois être à jeun pour communier.

En sortant de chez le boulanger, je presse le pas pour arriver à l’église avant l’heure, car le bedeau me laisse sonner le « quart d’heure » avec lui ; les cloches qui signalent aux fidèles que la messe approche.  Tirer sur les câbles et entendre les cloches sonner à toute volée, c’est le moment de la semaine que j’attends avec fébrilité.  De toutes mes activités, c’est celle que je préfère, et de loin.

Après les cloches, je me dirige vers la sacristie. C’est le vicaire qui célèbre la messe de 8 heures. Il est jeune, très gentil avec les enfants de chœur, contrairement au curé qui est un vieux monsieur un peu bourru et sourd. Ce qui a pour conséquence que les paroissiens et les paroissiennes évitent d’aller à confesse chez lui parce qu’il pose beaucoup de questions, toujours à haute voix.

Dans la nef, j’aperçois les frères et les religieuses enseignantes, qui occupent chacun leur côté de l’église, beaucoup de grands-mères, dont la mienne, et quelques familles.

Après la messe, je vais vite déjeuner avec ma grand-mère, qui, ce matin-là, prépare aussi du jambon pour le dîner ; elle me donne généreusement quelques morceaux de gras, que j’adore.

Puis je retourne à l’église, parce que je sers aussi la grand-messe, à 10 h. On n’ambitionne pas devenir prêtre sans que cela ait des conséquences.

Après avoir sonné mon deuxième « quart d’heure » avec le bedeau, je rentre vite à la sacristie.

Quelle affaire que la grand-messe en ce temps-là: l’église était comble. La présence de tout ce monde rassemblé dans un lieu sacré faisait sur moi l’impression d’un ailleurs, de quelque chose de presque céleste : le silence malgré le nombre, le recueillement, une certaine agitation quand même, mais toujours respectueuse des lieux ; les jeunes garçons dans le chœur avec soutane et surplis, et les quatre servants de messe.

Dans les premiers bancs, on retrouvait toujours, aux mêmes places réservées et payées, les notables du village : le docteur et sa famille ; les descendants de la noble lignée de la famille des Saint-Ours; le notaire, qui avait deux filles avec des noms de gars comme on disait à l’époque : Claude et Renée. Renée, particulièrement jolie, était ma préférée, et je me trouvais très chanceux de pouvoir l’admirer d’aussi près lorsque je passais la communion avec le célébrant. C’est vrai que je voulais devenir prêtre, mais il m’arrivait aussi de penser que ce serait bien d’être notaire de village plus tard et d’avoir Renée comme épouse. À 9 ans, les projets sont encore incertains, nombreux, contradictoires. 

Le chœur qui chantait la messe, le son de l’orgue que j’ai toujours aimé, les prières qui nous unissaient à la fois entre nous et à Dieu, l’odeur de l’encens, la présence des fidèles : tout cela faisait que je m’imaginais dans un autre monde.

Après la messe, avec quelques marguillers et le curé, j’aidais au décompte de la quête et c’est à ce moment-là que je recevais ma « paye » pour les messes que j’avais servies la semaine précédente.

Après les cloches, c’était l’autre moment intéressant de la semaine.

La plupart des gens venaient à l’église à pied. La messe terminée, beaucoup se rassemblaient sur le perron de l’église ou sur le trottoir et discutaient de tout et de rien. Ces rassemblements donnaient au village une importance qu’il n’avait pas sur semaine.

Mais la vie se déroule parfois à contresens de notre volonté. Cette vie idyllique à la campagne, idyllique pour moi alors, nous l’avons quittée quelque temps après ce dimanche : mes parents avaient décidé de retourner à Montréal, et je dus partir avec toute la famille. Moment de grande tristesse pour moi : je me croyais installé à cet endroit pour le restant de ma vie. J’ai perdu tout ce monde et ces lieux que je connaissais, et qui me connaissaient : le magasin général de mon grand-père, le gras de jambon de ma grand-mère, le Richelieu, la campagne, et mon chien Ti-Noir.

Ma vie s’est poursuivie ailleurs et autrement.

Je n’ai pas réalisé le rêve de devenir prêtre et je n’ai pas épousé Renée non plus : je ne l’ai jamais revue. 

Je retourne dans « mon village », parfois.

Le magasin général de mon grand-père a été détruit par le feu il y a quelques années. À l’église, on a installé un système automatique pour faire sonner les cloches. Il n’y a plus ni curé, ni vicaire, mais un prêtre desservant. On a détruit la vieille école que je fréquentais pour en bâtir une neuve. Le couvent des filles est devenu une résidence pour personnes âgées.

Tout est changé. Tout a changé. J’ai changé moi aussi.

Ailleurs, j’ai fait d’autres rêves, rencontré d’autres gens, et continué ma vie un peu autrement, un peu de la même manière. Et tout en avançant sur des chemins nouveaux, je garde au fond de moi un peu des choses, des personnes et des lieux où je suis passé.

Prendre le bonheur là où je suis. Aimer les gens qui m’entourent. Être utile à ceux que j’aime. Et en retirer juste assez de sérénité pour aimer la vie et vouloir continuer ici et maintenant.

C’est peut-être la plus grande leçon que je retire de ce passage de ma vie à Saint-Ours.

 

Mars 2019.

Texte de Pierre Gariépy, publié le 1er décembre 2019

La vie continue…

La vie est présente tant que j’y mets du sens, tant que j’ai du plaisir et de la satisfaction dans mes accomplissements. La vie est surtout présente quand elle évolue dans un monde d’amour, celui de mes proches ou encore de mon environnement amical et social.

Pour que la vie continue, il faut y voir une certaine forme de futur, y voir un avenir et idéalement donc avoir en tête ou autrement, un ou des projets à réaliser. La vie n’est pas qu’une question de temps, elle est surtout vécue dans des occupations physiques ou intellectuelles. Il faut garder son corps alerte, en forme, dans la meilleure condition que possible et pour cela, bien manger et s’activer sous quelques formes que ce soit, nous permet d’avancer sans gémir. Mais, il n’y a pas que le corps qui doit s’activer, il y a l’esprit et là, les activités qui permettent une telle activation sont nombreuses. La lecture ne garde pas seulement nos neurones actifs, mais permet un divertissement ou un cumul d’informations dont la nature ne dépend que de nos choix, liés le plus souvent aux goûts et désirs qui nous ont toujours motivés.

Alors oui ! La vie continue tant qu’on la sent frémir en nous, nettement au-delà des petits bobos qui sont inévitables. Une bonne manière de sentir la vie est par implication, car alors, presque obligatoirement, il y a ou il y aura contacts et rapprochements avec des personnes qui ont les mêmes désirs ou ambitions que soit. L’implication est la plus solide contrepartie à l’isolement, et les bénéfices sont souvent plus importants et plus grands que l’idée qu’on s’en fait. C’est une manière de voir autrement, d’apprécier différemment, d’apprendre et de découvrir, c’est alors que souvent la vie prend une direction insoupçonnée, que la vie absorbe un contenu qui l’active dans sa continuité.

Au fil du temps, on cumule des rêves, et puisque la vie est une suite de moments à l’échéance inconnue, pourquoi ne pas se mettre à la tâche et entreprendre la réalisation de ses rêves, particulièrement pour les personnes retraitées qui disposent de temps et de liberté pour s’activer, et ce même dans une certaine mesure dans l’irréel, car ce frein n’est souvent qu’une conception erronée. Dès qu’il y a désir sincère, les portes et les accès deviennent des réalités dont on ignorait l’accessibilité.  

Dans une vie en continu, faut cultiver l’amour sous toutes ses formes, c’est bon pour le cœur, l’expression des sentiments et des émotions. Rire ou même pleurer demande une force vivante en nous, nous oblige à évaluer et à juger, mais surtout permet l’échange, le plus souvent avec des personnes aussi vivantes et enthousiastes que soit. L’amour, c’est donner et recevoir, donc objet de réciprocité qui exige une continuité de la vie, qui nécessite d’être bien présent dans le vivant.

Pour une continuité de la vie, un moyen très efficace de se sentir vivant consiste à écrire sa vie de la manière et dans les aspects qui satisfont la perception de soi-même dans ce portrait que l’on souhaite léguer à nos enfants et petits-enfants. Voilà, qui constitue une forme de continuité de vie, ou de survivance dans la mémoire de nos proches, donc dans ce sens on en arrive même à se donner une courte éternité. Au-delà de cet aspect, écrire sa vie assure une certaine motivation à continuer de vivre tant qu’on n’a pas complété son récit, tant qu’on n’a pas réalisé certains projets et atteints certains objectifs qui nous tiennent à cœur, continué à vivre devient donc dans une totale intégration volontaire, une ou des raisons d’être, surtout d’être le plus vivant et lucide que possible et prendre tous les moyens pour y parvenir et le demeurer.

La vie continue dans la prolongation historique de notre durée humaine, vivante. En vivant au présent « Carpe Diem », le temps coule comme ruisseau, alimenté de l’ajout de toutes nos pensées et désirs, jusqu’au lendemain et l’on remet cela chaque jour le plus souvent inconsciemment et ainsi s’additionnent les années sans véritable questionnement, simplement dans la jouissance du moment présent. Et, la vie continue…

La vie dans sa suite d’événements nous fait voir des côtés tristes, amènent des pertes de différentes natures dont celles des êtres chers, mais la vie nous apprends que le temps aide dans la mesure de nos désirs à ne conserver que les bons côtés ou aspects pour nous souvenirs que des agréables moments vécus avec ceux et celles qui ne sont plus.

Vivre, c’est vieillir bien sûr, mais c’est en même temps cumuler des années en investissant au portefeuille de l’expérience pour tous les jours bénéficier des dividendes de la connaissance, donc aucune raison d’être triste de l’avancement en âge, c’est un avantage du processus de la vie en continu.

Chaque jour vaut totalement et nettement l’effort de notre présence à la vie, car chacune des journées apporte son lot de surprises, ses moments de satisfactions, permet une méditation au présent, une conversation avec un proche ou un ami, quelquefois une remise en question pour mieux planifier la suite des choses. La vie continue et je m’en réjouis pleinement.

Texte de Normand Prégent, publié le 1er novembre 2019

Et la vie continue…

 

Ma naissance fut sujet de multiples légendes

On dit qu’une nébuleuse serait mon origine

Longtemps on s’est servi de moi comme propagande

Faisant croire à une ascendance divine

 

J’ai vécu une chaude enfance

La galaxie fut mon berceau

Entourée d’une famille immense

Dont l'Univers est le grand maestro

 

Nous dansons un ballet incessant

Mes sœurs et moi dans notre système solaire

La Lune et le Soleil sont nos parents

On m’a donné le nom de Terre

 

Je vois là bas dans le firmament

Mes cousines jouées sur la Voie lactée

De nos destinées nous en avions aucun tourment

Chacune heureuse sur nos portées

 

J’ai une très longue existence

Avant de remplir d'eau les océans

Tranquillement je change d’apparence

La végétation couvre mes champs

 

Les dinosaures profitent de cette richesse

Et vécurent pendant des millénaires

Jusqu'à l’extinction de leurs espèces

Au jour de la disparition de la lumière

 

Heurtée par un corps céleste

Souffle une tempête sur ma  planète 

Balayant tout d’un seul geste

Me cachant du soleil telle une défaite

 

Ce drame ne fut pas pour moi une fin

Plutôt le début d’un nouveau monde

La vie continue avec ses lendemains

Sur ma planète malgré toute féconde

 

Un jour par quel mystère

Sont arrivés ces êtres penseurs

Seront-ils eux aussi éphémères

Et disparaitre dans la douleur

J’accueille ces étranges visiteurs

Deviens leur mère nourricière

Bienvenues dans ma demeure

Êtres fait de sang et de chair

 

Je leur offre mes pâtures et mes eaux

Ils étanchent leur soif et apaisent leur faim

Trouvent l’étoffe pour couvrir leur peau

Bientôt ils deviendront citadins

 

Ils inventent des frontières

Pour séparer l’humanité

Duperie ou crainte des chimères

Nait ce trait d’union à la fraternité

 

Témoin d’injures et de blasphèmes

Je les vois montrant les poings

Chacun oblige son emblème

Se croyant devenir ainsi souverain

 

Dans la haine ils se font la guerre

Créent  des armées et des ennemis

De mon paradis ils font l’enfer

Tous ces cadavres sur ma terre rougie

 

Dans la paix ils soignent leurs blessures

Il n’y a plus de bourreaux que de victimes

Deviennent des héros dans leur censure

Tristement  amnésiques de leurs crimes

 

Leurs récits donnent  l'illusion

Que nécessaires étaient ces carnages  

Détruire était leur seule mission

Ces démons aux multiples visages

 

Et il y a la douceur qu'apportent les printemps

Aux hommes aimants et aux femmes aimées

Avec leur semence germant

Assure un futur à  l’humanité 

 

Sur moi partout des peuples abondent

Les uns à la diète et les autres à la famine

Difficile de comprendre ce  monde

Et  son cynisme qui assassine 

 

Abus de consommation et inconscience

Dessinent  le spectre du futur

La folie de leur existence

Marque le début de notre rupture

Leur pollution n'a pas de frontières

L’environnement devient menaçant

Le climat se fait austère

Là où jadis le temps était clément

 

Puis perdus dans un délire irrationnel

Bouleversent leur patrimoine héréditaire

La manipulation génétique est bien réelle

Cruel usinage de l’être humain sur Terre

 

Croient-ils devenir ainsi immortels

Ou des êtres plus que parfaits

Et ainsi croire à  une vie éternelle

Malgré leurs multiples excès

 

Qu'attendent-ils avant le non-retour

Il n’est pas lointain le dernier cul-de- sac

Presque la fin du compte à rebours

Tout près de l'ultime Ressac 

 

Croient-ils pouvoir revenir en arrière

D’un coup de baguette magique

Calmer la planète dans sa grande colère

Qui Les menace à une Destinée Tragique

 

La fin de cette histoire est entre vos mains

Serez-vous héros survivants remplis de vertus

Ou  le dernier des tyrans devenu inhumain

Moi Terre avec ou sans vous… ma vie continue

Et la vie continue…

 

Texte de Danielle Simpson, publié le 1er octobre 2019

Et la vie continue…

On se fait dire souvent que la vie est belle. Comment la trouver belle quand on ne se sent pas belle ?

Lâcher prise.

Si on est prise dans une tornade, on ne peut pas trouver une porte de sortie. Vivre le moment présent.

Comment le faire quand le passé revient sournoisement ?

Souris.

Comment le faire quand on est distrait par notre corps, qui nous crie des maux insupportables ?

Bon! Assez de philosopher. Je recommence du début.

 

J’ai eu une enfance joyeuse. Mes parents d’un âge avancé m’ont laissé libre dans mes activités et mes choix. Bien éduquée, bien polie et bien sage. Ils étaient ravis de mes accomplissements. Heureusement, j’avais une tête sur mes épaules. Je savais ce que je voulais et je n’étais en rien influençable.

 

Mes parents m'ont fait confiance et je n'ai pas eu le besoin de les décevoir. J’ai été gâtée par la vie. Les parents de mes amies me faisaient découvrir les plaisirs de jeunesse. Du chalet, chez l'une et du camping chez l'autre.  

La cuisine, la couture, la lecture, les musées, les parcs d’attractions et le jeu.

Ça prend tout un village pour élever un enfant.

Assurément, j'ai été cet enfant privilégié.

Et la vie continue...

 

L’adolescence s’est vécue sans trop d'anicroches. Face aux injustices sociales, je m’isolais. Face aux opinions de sectes, je me répugnais. Ma raison d’être : « Jamais je n’entrerais dans un moule. » De plus en plus, je me faisais discrète. J’en étais heureuse. Je m'évadais dans un mutisme pour éviter de faire du mal.

Et la vie continue...

 

Pourtant, on m’appelait Mlle Sourire. Je cachais bien mon jeu. Mon âme était triste. Je me sentais seule, différente dans ma marginalité. Malheureuse d'avoir choisi de venir au monde dans une société que je trouvais égoïste, méchante sans valeur. Je faisais semblant, je portais un masque et je m’inventais un personnage dans un pièce de théâtre.

Quelle créativité!  Un peu tordue, selon l’opinion de certains.

Et la vie continue…

 

Épouse, mère, professionnel, des étapes de vie dans lesquelles je m’obligeais d'être parfaite. Le contrôle sur les autres me paraissait plus rapide et plus efficace.  Mais l'ego me jouait des tours. Le corps commençait à montrer des signes de faiblesses. Sans être atteinte de maladies graves, des migraines à répétitions, des maux de ventre, des évanouissements perturbaient mon quotidien.

Et la vie continue...

 

Essai et erreur. Ce nuage gris au-dessus de ma tête devenait lourd à la longue. Cette brume embrouillait mes pensées et emprisonnait ma volonté de vivre dans la joie. Tant de questionnements, peu de réponses. Ce cercle vicieux hantait mon sommeil. Une vraie perte de temps. Impatiente à vouloir tout comprendre. Je faisais tout en vitesse. Même le rythme de ma voix courait contre le temps. Je ne marchais pas, je courais. Malgré tout, la vitesse me plaisait. Je n’avais pas de temps à perdre. Pourtant… J’ai dû revenir au début. Recommencer toutes les ressources afin de bien assimiler. Prendre le temps d’intégrer la matière pour que je sois bien dans ma peau et que je trouve la vie belle.

Et la vie continue…

Après cette bousculade, voilà le chemin que j’ai pris. La mémoire est courte. Les années ont passé. La vie m'apprend à changer d’attitude face aux intempéries de la vie. Ralentir le pas fait ralentir les pensées.

Ou serait-ce l’inverse?  

En tout cas… rien ne presse. Être flexible, suivre la vague avec confiance. Éveiller le cœur de l’enfant, émerveillé à la beauté. Le pouvoir de respirer. Le cadeau le plus beau est de se sentir vivant. Je m’exerce à le crier à plein poumons.

Et la vie continue…

 

 Et si en cours de route, le nuage gris viendrait me visiter, je saurais quoi faire. Tout simplement, je lui dirais bonjour et je prendrais une grande respiration en soufflant dessus. Il partira certainement sur un autre parcours.

Et la vie continue...

 

Texte de Anna Belleau, publié le 1er sept. 2019

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