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sous le thème:

"Si j'avais encore vingt ans"

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Ah ! Si j’avais encore vingt ans, je serais une Star

Remontant d’une main le col de mon manteau, je tends l’autre vers le siège du passager

et à tâtons j’y cherche quelque chose pour me protéger de la pluie. Aussitôt la portière de mon automobile ouverte, un vent froid chargé de fines gouttelettes de bruine s’engouffre dans l’habitacle du véhicule et je frissonne. À peine déployée, une bourrasque vient retourner brusquement mon parapluie et me convainc de l’inutilité de cet accessoire. Je me résigne donc à affronter les éléments sans lui. Puisqu’une blessure à un genou et mon obésité réduisent considérablement ma mobilité, en posant mon pied gauche sur le sol, je ne vois pas la flaque d’eau et une désagréable sensation m’envahit lorsque le liquide glacial vient imbiber ma chaussure et mon bas. Frustrée, je lâche un juron! M’extirpant de mon automobile avec peine, c’est en claudiquant que je me rends à la boutique de vêtement non loin de là. La pluie fouettant mon visage, j’essaie de hâter le pas tant bien que mal, mais en vain. Mon manque de souplesse fait monter en moi un sentiment de frustration intense. Il fut un temps, où rien de tout cela n’existait et où ma vie était facile, mais maintenant le poids des années a fait son œuvre. Les cheveux en bataille et le bout du nez froid j’arrive finalement devant la porte du magasin que je m’empresse d’ouvrir. La chaleur ambiante me réconforte quelque peu, quoiqu’elle ne sache apaiser la tristesse que je ressens de ne plus être toute jeune. Prenant un panier, je regarde tout autour de moi, cherchant l’endroit où je pourrai trouver les robes. Une des vendeuses présentes me crie de l’autre bout du magasin quelque chose à propos des promotions de la journée. Cependant, aucune d’entre elles, affairées qu’elles sont à placer des vêtements sur les tables, ne vient m’accueillir et me demander si j’ai besoin d’aide. 

Je devrai donc me débrouiller toute seule.

 

Venant souvent dans ce magasin, car c’est l’unique boutique ayant ma taille, et sachant fort bien que les robes que je trouve belles sur le cintre ne le sont plus une fois sur mon dos, je prends un exemple de chaque modèle. Une fois mon panier bien rempli, je me dirige vers les cabines. Debout devant le miroir, j’enlève mon chandail et mon jeans et je suis étonnée, comme à chaque fois que je regarde la réflexion qu’il me renvoie, de me voir telle que je suis. Dans mon esprit, je suis toujours la jeune fille de vingt ans, belle et mince que j’étais dans le temps. Maintenant, c’est un corps déformé par les kilos en trop, des cheveux argentés et un visage ridé qui se reflètent dans la glace. Je ne peux m’empêcher de sursauter à la vue de ce que je suis devenue. Une drôle de sensation m’envahit. Celle que j’observe est une étrangère pour moi. « Comment ai-je pu me rendre jusque-là ? » me demandais-je tristement, en replaçant tant bien que mal ma chevelure décoiffée par le vent.

Une enfilade de robes s’en suit. Décolletés trop plongeants, tissus mous qui laissent paraître les bourrelets, couleurs criardes et imprimés grotesques. Aucune des robes ne me fait jusqu’à présent. Découragée, je sens monter en moi un sanglot. Vais-je encore une fois devoir acheter un vêtement que je n’aime pas et dans lequel je me sentirai mal à l’aise ? Tout à coup, c’est l’angoisse ! « Et si aucune robe ne me fait, que vais-je faire ? » me demandais-je. M’assoyant sur le banc de la cabine pour prendre une pause, je ferme les yeux un moment et repense à ma jeunesse. Ma beauté faisait tourner la tête à plus d’un et chaque jour, au moins une personne me disait : « Mademoiselle, je voulais juste vous dire que vous êtes belle. » Les hommes me suivaient sur la rue pour me demander de sortir avec eux ou m’invitaient à prendre un café. Sosie de Jane Fonda, on m’accueillait partout comme une star »de cinéma. Lorsque j’allais chercher mes bagels à la boulangerie, près de chez-moi, invariablement, le propriétaire criait : « Hé, Jane Fonda est ici. » Et les employés qui travaillaient dans l’arrière-boutique venaient me saluer. La même chose se produisait à la banque, quoique de façon plus discrète. Partout où j’allais, les gens m’ouvraient les portes, me laissaient passer devant eux dans la file ou m’offraient de m’aider à porter mes paquets. Un jour de tempête, alors que les rafales avaient recouvert les trottoirs d’une épaisse couche de neige, en bottes à talons aiguille je regardais la pente raide que je devais descendre et je ne voyais pas du tout comment j’allais y parvenir. Un jeune homme qui passait par, là vint à mon secours et m’offrir son bras pour que je m’y appuie. À peine ma descente entamée, il me dit : « Tombez mademoiselle que je vous relève ». Cela me fit beaucoup rire tellement sa tentative de séduction était maladroite.

Mince et souple, je me déplaçais avec grâce et élégance. Je me sentais tellement légère que parfois je croyais presque pouvoir voler. Lorsque je me présentais dans une boutique, toutes les vendeuses se précipitaient pour m’accueillir. On s’empressait de quérir vêtements et accessoires pour me transformer en une femme magnifique qui aurait pu paraître dans les pages d’un magazine. Tout ce que j’essayais me seyait parfaitement et je n’avais que l’embarras du choix. Plus d’un me croyait riche et raffinée lorsqu’ils me voyaient défiler dans mes beaux vêtements, même si je n’étais qu’une étudiante avec peu de moyens, mais avec un charisme fou et l’art de transformer des fringues achetées dans une boutique bon marché en quelque chose de chic. 

Avec le temps ma beauté s’est fanée, ma légèreté s’est envolée et le poids de la vie m’a fait plier l’échine. Je ne suis que le fantôme de moi-même. Maintenant, presque invisible, personne ne porte mes paquets ou ne vient m’ouvrir la porte, même si l’on voit bien que j’ai de la difficulté à me déplacer. Pourtant, je suis la même personne que lorsque j’avais vingt ans. Il n’y a que l’enveloppe qui a changé. Les gens se fient aux apparences et je n’ai plus l’air d’une starde cinéma alors on n’accoure plus autour de moi et plus personne n’est là pour m’aider. 

Ah! si j’avais encore vingt ans, mon pas serait léger et je me déplacerais avec aisance. Les kilos en trop, les cheveux gris et les douleurs physiques ne seraient que l’apanage des personnes âgées, chose qui, je le croyais lorsque que j’étais jeune, ne pouvait m’arriver à moi. Comme si, elles, les malchanceuses, étaient nées vieilles et le resteraient pour le reste de leur vie et moi, la chanceuse, je ne pouvais qu’être jeune et belle pour toujours. Je serais la star de cinéma que tout le monde veut connaître et côtoyer et qu’on accueille en grande pompe. Celle dont on célèbre la beauté et le charisme et qui est invitée partout. J’existerai, même si ce n’est que dans l’œil de celui qui me regarde, dans le fantasme qu’il a de moi. Je vivrais encore dans l’illusion d’une jeunesse éternelle.

Mais, si j’avais vingt ans, où serait toute cette sagesse que j’ai acquise au fil des ans ? Elle ne ferait pas partie de ma vie et je ne peux m’imaginer vivre sans elle. Pour moi, cette connaissance vaut plus que toute la beauté, la jeunesse et la célébrité mises ensemble. Si j’avais à choisir, je préfère la profondeur et la richesse des expériences que j’ai vécues, même si parfois elles sont douloureuses, à la superficialité de la célébrité et je n’échangerais mes cheveux gris pour rien au monde, puisqu’ils sont le reflet de ma maturité. Et peut-être ne me voyez-vous plus briller de mille feux, mais si vous pouviez, voir dans mon coeur, vous verriez que je suis toujours une star. Je suis celle qui a su faire briller sa lumière malgré tous les obstacles qui se sont présentés sur ma route. Alors jeunesse, je ne peux que rêver à toi maintenant et prétendre, même si ce n’est que dans ma tête, que j’ai toujours vingt ans.

Texte de Catherine Dunn, Lac Brome

Publié le 30 octobre

Si j’avais encore vingt ans...

Si j’avais encore vingt ans, mes pieds n’auraient foulé d’autres sols que celui de mon Ontario natale ainsi que celui de la belle province voisine. Je serais à l’aube d’une première carrière et n’aurais lu que quelques centaines de romans. Si j’avais encore ce jeune âge, mes longs cheveux bruns onduleraient par-dessus mes épaules, ma main gauche serait dénudée de jonc et mon ventre ignorerait tout de l’incroyable miracle de la vie y grandissant.

Si j’avais encore vingt ans, je rêverais d’admirer tant de splendeurs maintenant contemplées! Grimper la Tour Eiffel, toucher le Parthénon, franchir les murs de la Cité Interdite ou même escalader le monolithe Urulu; la grande place de Bruxelles, les canaux de Venise, les moulins à vent des Pays-Bas, la Place Rouge, les falaises de Santorini, le long chemin de Compostelle, le Danube, la Tamise et les splendides plages blanches bornant les eaux turquoises des Caraïbes me seraient toutes encore inconnues.

Si j’étais encore au début de la vingtaine, la bibliotechnique représenterait mon premier travail : facile, enrichissant (surtout lorsque occupé à l’Hôpital pour Enfants de l’Est de l’Ontario), valorisant, comblant déjà mon penchant pour l’organisation. Ce métier me conduira, quelques années plus tard à mon école secondaire, milieu très sécurisant, tout en me permettant de gagner quelques sous qui viendront agrémenter notre vie. C’est cet encadrement, je crois, qui me poussera à changer de carrière : devenir enseignante. Ce n’est pas à vingt ans mais bien à trente-six ans que je décrocherai mon baccalauréat en éducation. Cette nouvelle profession (parce que ça en est VRAIMENT une) m’apportera tant!

Côtoyer quotidiennement des dizaines d’adolescents à qui il me fait plaisir de présenter des défis, que j’invite au dépassement, me donnera l’occasion de vraiment

faire une différence auprès de certains d’entre eux.


Si j’avais un peu plus de dix-neuf ans, mon jeune corps en forme ne connaîtrait rien des ravages d’un cancer des ganglions, stage quatre. Il ne saurait rien des attaques de la chimiothérapie: veines brûlées, nausées régulières, perte de cheveux (et de sourcils), mais surtout l’abattement, cette fatigue omniprésente qui rend le moindre effort comme celui d’une petite marche ou même de changer son propre lit presqu’insurmontable! Ce corps ne se reconnaîtra plus. Comment? J’ai froid, par une belle journée chaude ensoleillée? Moi, je n’ai plus faim? Comment en suis-je arrivée à être MAIGRE? Où sont passés mon endurance, ma force, même ma flexibilité? Cette enveloppe physique ira chercher au plus profond d’elle les éléments nécessaires pour parvenir à une pleine guérison, même après une embolie pulmonaire. C’est avec joie, fierté et beaucoup de reconnaissance que, quelques années suivant cette épreuve, ce même corps complétera un marathon! Il aura ainsi la preuve tangible que la santé et la forme physique sont bel et bien revenues.

Si j’avais encore vingt ans, je n’aurais rencontré ce jeune homme (qui deviendra mon mari) que depuis quelques années. J’aurais besoin, comme ce fut réellement le cas, du consentement de ma mère pour l’épouser puisque je ne suis pas majeure aux yeux de l’Église. Cette union découvrira tout ce qui l’attend : deux déménagements, trois petits êtres qui rempliront vite la demeure, de nombreuses années parsemées de petits bonheurs quotidiens, de quelques jours riches d’émotions, de rares difficultés heureusement surmontées. Qui aurait pu croire que cette longue route facile de quarante-deux ans se poursuivrait encore...

Si j’avais encore ce tendre âge, j’ignorerais tout de la plus merveilleuse expérience humaine: donner naissance. Cette expérience vécue trois fois plutôt qu’une comblera au plus haut point mon existence. Porter ces enfants, les sentir grandir en moi, les mettre au monde, les guider, leur transmettre des valeurs fondamentales (bien s’alimenter, se garder en forme, travailler fort, apprécier ce que la vie nous apporte, AIMER) occupera beaucoup de mon temps mais me procurera davantage de satisfaction. Encore plus : constater qu’ils sont aujourd’hui devenus de beaux adultes équilibrés, heureux avec leur conjoint, me remplit du devoir non seulement accompli mais grandement réussi!

Le jour de la naissance de ma fille, lorsque ma belle-mère me confie : « Je pense que c’est encore plus fort d’être grand-mère que d’être mère! », j’éprouve un peu de difficulté à la croire. Pourtant, à quarante-neuf ans, lorsque je vois Julianne pour la première fois, j’ai dû me rendre à l’évidence qu’elle avait raison. Comblée à trois autres reprises de cette expérience (Maxime, Sandrine et Mélodie), je ne peux m’empêcher de remercier la vie qui me procure autant de bonheur. Ces petites-filles uniques, attachantes, où l’innocence et la candeur habitent, m’enseignent à mordre dans la vie à pleines dents, comme elles. Chaque moment passé auprès d’elles efface tout le reste autour, même si le temps disparaît beaucoup trop vite.

Si j’avais encore vingt ans, j’aurais inexploré ces millions de pages lues avec avidité qui m’ouvrent sur la douleur, le bonheur, la misère, la résilience, la beauté de tant de gens! Je posséderais si peu d’expérience. Mes cheveux blancs et mes rides dont je suis fière ne témoigneraient pas de toutes ces joies vécues. Je n’ai plus vingt ans; HEUREUSEMENT, j’en ai soixante-trois! 

Noëlla Lacelle, Embrun, Ontario

Publié le 17 septembre

 

Si j’avais encore vingt ans…

 

Si j’avais encore vingt ans… Je commencerais par m’acheter un solide sac à dos et je partirais découvrir le monde. Je n’irais pas voir la planète juste au sens géographique, mais celle à l’échelle humaine. Je irais à la rencontre des gens de leurs coutumes et de leurs mœurs. Je prendrais le temps de poser ma besace aux endroits où je pourrais humblement aider mes semblables. J’occuperais de petits emplois pour gagner ma pitance afin de pouvoir étirer mon parcours. Je reviendrais au Québec pour faire le plein d’amour familial et amical. Juste des sauts de puces pour ne pas oublier mes racines et savourer notre qualité de vie.

Si j’avais encore vingt ans…J’arrêterais de me trouver grosse à 105 lbs mouillée pour mes 5 pieds 6 pouces. Je m’épargnerais maints chagrins inutiles pour ces diktats du corps imposés par moi-même et la société. Je saurais que de toute façon, inexorablement la ménopause et la cinquantaine épaississent la taille. Je croirais en moi sans avoir besoin du regard et des mots des autres pour me sentir quelqu’un. J’aurais naturellement confiance en moi sans avoir à quêter sans cesse l’approbation d’autrui. Je lancerais un « oui merci » enthousiaste quand on me dirait que j’ai des yeux magnifiques au lieu de penser qu’on me le dit avec une arrière-pensée. Je porterais moins de talons hauts sachant qu’en vieillissant, ils abiment les pieds sans merci et qu’on en paye le prix. Je dépenserais moins en crèmes de jour, de nuit, de corps et anticellulite. Je saurais qu’irrémédiablement le temps accomplit son œuvre et que chaque ride à son histoire qui en vaut la peine. Je laisserais tranquilles mes cheveux blancs naissants et ceux qui viendront plus tard, envahir mon crâne. Inutile de les agresser en les arrachant ou en les camouflant sous la teinture. Eux aussi ont leur place dans le récit de ma vie…

Si j’avais encore vingt ans…Je saurais que l’année de la femme en 1975 était une première et non une institution établie depuis des décennies. Je saurais qu’il me faudra tailler ma place dans un monde sculpté par les hommes depuis des millénaires. Je ne prendrais pas l’égalité hommes femmes comme un acquis. De ce fait, je perdrais moins d’illusion. Je choisirais le temps de trouver un compagnon de vie pour la vie plutôt qu’un excellent père pour mes futurs enfants. 

Si j’avais encore vingt ans… Je ne m’étourdirais pas au travail pour faire plus et toujours mieux. Surtout pour des entreprises sans âme et sans pitié quand elles crucifient des employés au nom de l’autel de la rentabilité. Je n’essaierais pas de tout faire et être : super mère, super carrière, études et bénévolat. J’aurais su que même les superwomen foncent dans les murs de la maladie mentale, de l’épuisement, du burn-outet de la dépression. Je prendrai le temps de savourer la vie, de voir les fleurs pousser et me gorger de la nature. Je mettrais plus souvent mon bolide à neutre ou « park », au sens propre autant que figuré. Je choisirais une carrière relevant de la passion plus que de la raison. J’oserais explorer des avenues que je croyais alors impossibles. Je rêverais sans barrières et ne laisserais personne me freiner.

Si j’avais encore vingt ans… Je garderais cette volonté d’avoir des enfants, l’avenir m’a prouvé qu’ils sont un joyau inestimable. Je cultiverais, comme je l’ai fait, les amitiés sincères et durables. En vieillissant, elles deviennent notre deuxième famille et sont importantes. Je saurais aussi que rien n’est éternel et que chaque moment est un cadeau précieux de la vie. Je répèterais l’expérience d’avoir des amants. Ils ont mis du piquant et de l’exaltation dans mon existence. Jamais je ne me suis autant sentie femme que dans leurs bras.

Avec des si, on va à Paris dit le dicton. Si j’avais encore vingt, j’irais plus loin que Paris, beaucoup plus loin. On dit aussi que ; « si jeunesse savait et si vieillesse pouvait », mais ce n’est qu’illusoire. Si l’on savait tout à vingt ans, on ne ferait pas les erreurs ni ne vivrait les échecs qui nous permettent de grandir. La réussite de notre vie se trouve beaucoup dans l’adversité que la vie nous apporte… généreusement.

Florence Hally, Rawdon

Publié le 17 novembre

SI J’AVAIS 20 ANS

 

Si j’avais 20 ans, je transpercerais le décor de mes certitudes, de mes lamentations et de mes critiques qui ont eu lieu à des moments précis de ma vie.  Je les harmoniserais avec ma connaissance du présent qui me montre le chemin me conduisant à la vérité et m’offrant une joie intime et illimitée. La vie est un mystère à expérimenter plutôt qu’à résoudre.

Et si c’était vrai que j’avais encore 20 ans, que ma destinée était de reconnaître que je suis un être éternel, un miracle vivant!  À quel jeu je joue aujourd’hui, je ne sais plus très bien qui joue à quoi, mais je me souviens qu’il est encore possible de rire pour me reconnaître et m’aimer, alors que d’autres croient toujours que la vie est difficile.

Aujourd’hui, c’est comme si j’avais encore 20 ans, c’est comme si je sortais d’un rêve, d’un cauchemar qui m’a entraîné jusqu’ici en me disant : " Ouf!  Ce n’était qu’un rêve, un trompe-l’œil, une chimère de la pensée ou même un simple mirage collectif ! J’observe que le temps c’est de l’argent, qu’il faut souffrir pour réussir, je n’obtiens rien sans rien.’’

Puisque j’ai 20 ans, j’inventerais un village ou des enfants joueraient à un jeu en riant avec le pouvoir de leur imagination à leur imagination et à leur tour, ces enfants de 20 ans décideraient de raconter leur histoire autour d’eux.  Surpris, le village s’illuminerait.  Vivre c’est choisir son camp.  Dans la vie j’ai deux options: choisir ou être choisie, que choisissez-vous ?

Moi, je choisis d’avoir 20 ans pour enfin oser m’exprimer, oser être qui je suis, avoir le courage d’enlever mon masque et d’être imparfaite.  Si j’avais 20 ans, est-ce que j’oserais exprimer ma vulnérabilité ?  

Bien sûr que non !  Pourquoi tant hésiter à dire ce qui se passe, parler de mon riche passé, mon vécu, de ma croissance qui me dynamisent de l’intérieur! Celle qui m’assure d’un avenir nouveau.

 

Et si c’était vrai que je suis vulnérable comme le secret du printemps, un trésor de la vie !  

Et si j’avais la flamme de l’intelligence, ma vulnérabilité de 20 ans pourrait agir comme un puits de lumière et cacher un énorme pouvoir créateur qui me conduirait à donner un nouveau fruit, une nouvelle semence.  Aujourd’hui, je cesse de renier mon passé et j’apprends de lui en faisant de mon quotidien, une aventure passionnante.  

Après tout, le refus en moi est peut-être exactement ce qui me rend heureuse, unique et charmante !

Alors, aujourd’hui je cesse de faire semblant. Pourquoi moi, comme personne humaine ne porterais-je pas ce secret de la vie dans lequel mon passé et mon avenir vivraient en harmonie avec moi-même?  Je veux me transformer comme ces enfants du village et vivre en harmonie avec les origines de mes ancêtres.  

 

Je me permets d’expérimenter ma vulnérabilité, ayant le courage de reconnaître mon imperfection, mon passé douloureux. C’est ça choisir consciemment mon destin en ramenant mon attention sur le processus d’un cœur déchiré à la naissance d’un printemps ou le mystère d’une pensée produira la lucidité des enfants du village, au matin d’un réveil.

Je prends bien soin de ce qui me paraît nouveau, car je n’aurai plus ces 20 ans. Bien vivre le changement, c’est accepter de changer avec celui-ci pour faire renaître ce plaisir d’avoir eu 20 ans. Je redécouvre aujourd’hui tout ce que j’ai à apprendre sans la peur des obstacles, des échecs et j’endosse mes vieilles résistances enfouies dans mes 20 ans et j’échange mes peurs pour la liberté.

Je vois la vie comme une succession d’apprentissages qui me conduit à une grande connaissance et une harmonie dont je n’aurais pas su comprendre à 20 ans.

Le passé de mes 20 ans ne reviendra pas! 

C’est le malheur qui s’évanouit doucement.  

Vivre c’est dire oui à la Vie!  Et cela me permet de faire fructifier mon avenir d’avoir eu 20 ans.

Texte de Louise Paquette, Gatineau

Publier le 16 déc. 2018

Si j’avais encore 20 ans

Je serais une grande athlète 

Je gagnerais sans artifice et sans faille

On parlerait de moi sur toute la planète

Pas de Photoshop ni de tricherie qui vaille

 

Je serais une médaillée olympique

Pour qu’on soit fier de moi

J’aurais des milliers de clics

J’apporterais que de la joie

 

Je voudrais devenir un prix Nobel

Pour que jamais on ne m’oublie

La vie est quelquefois cruelle

Malgré un blog avec des milliers d’amis

 

Je serais connue du grand public 

Présente partout sur les réseaux sociaux

Une personnalité populaire et sympathique

On ne cesserait de me prendre en photo

 

Je serais en politique représentante de la jeunesse

Afin qu’elle prenne confiance en son avenir

Partout dans les médias avec de vraies promesses

Pour tous ces systèmes qui sont à rebâtir

 

Je serais la Steve Jobs de notre époque

Protectrice des gameurs de jeux vidéos

Les retrouver avant que la tragédie provoque 

Le dernier Bye de ces malheureux accros

 

Je serais le génie des algorithmes complexes

Celles qu’utiliserait l’intelligence artificielle

J’aurais la sagesse et surtout le réflexe

Qu’elle ne nous domine pas sous sa tutelle

 

Je voudrais devenir une visionnaire

Artisane de nouveaux rêves

Citée partout sur les Wiktionnaires

De nos réussites je serais la sève

 

Je serais la belle Juliette

Ce serait mon pseudo

Je deviendrais la femme parfaite 

Pour lui seul mon Roméo

 

Je l’aimerais pour de vrai

Dans ses fantasmes je serais la complice

Même dans le si de l’imparfait 

Pas besoin de Tinder ni de cannabis

 

Je changerais pour lui mon statut

Évitant ainsi les vautours

Je ne serais pas celle qui se prostitue

En croyant y reconnaître l’amour 

 

Je ne serais pas une figurante de téléréalité 

Ne serais pas une de ces vedettes

Au joli profil cachant un être exploité

Par des producteurs devenus proxénètes

 

Je serais impitoyable et tyrannique

Envers les fossoyeurs de jeunesse

Ces êtres méprisables et cyniques

Il faudrait que ça cesse et en vitesse

 

J’inventerais un mot unique et universel

Remplaçant migrants, réfugiés ou étrangers

Un mot mille fois googlés et qui nous rappelle

Qu’il serait grand temps de s’humaniser

 

J’apprendrais à être une magicienne

D’un clic faire un retour en arrière

Pour embellir notre vie quotidienne

Et effacer tous ces génocides et ces guerres

 

Je serais un exemple pour la jeunesse

On voudrait inévitablement me cloner

Je gagnerais des vies et retarderais ma vieillesse 

Moins souffrant que de se faire remodeler

 

Je serais aimante de la nature

Consciente de son destin tragique 

Pas de « fake news » je vous assure

Mais on devrait craindre les pronostics 

 

Je défendrais toutes les causes animales

La cruauté, l’abandon ou l’incompréhension

Je dénoncerais sur tous les médias et en rafale

Les bourreaux responsables des espèces en voie de disparition

 

Je nous organiserais un tour du monde 

Avant que nos mers soient sans rive

Un dernier Snapchat sur nos traces vagabondes

Vestige de nos mémoires captives

 

Je serais une musicienne sans partition

Mes mélodies n’auraient pas de frontière

Le monde serait le terreau fertile de mon inspiration

Mes clips deviendraient légendaires

 

Je serais reconnaissante aux précédentes générations 

Elles qui ont mis de la lumière sur la Grande noirceur

Témoins de la révolution tranquille et de la liberté d’expression

Textes rapportés et imagés par nos précieux conteurs

 

J’aimerais être de cette époque fleurie

Celle du Peace and Love et des contestataires 

Woodstock, la méditation et les hippies

Lorsque les changements n’étaient pas que littéraires

 

Je me souviendrais de mes parents chéris

Avec compréhension et souvent avec tendresse 

Eux qui nous espéraient une vie sans souci 

En nous y préparant avec tant de maladresse

 

Aujourd’hui j’avais 20 ans

Pas de page blanche ni de mélodrame

Juste l'envie de refaire le présent 

Avec la sagesse d’une vieille âme

 

Texte de Danielle Simpson, Ste-Julie

Publié le 1er janvier 2019

Ne touchez pas à mon château

 

Un vieux couple contemple un feu de bois. On n’entend que le craquement des berceuses. Ils n’ont plus beaucoup à se dire, il se sont tout dit mais ils peuvent encore rêver.  

Ils pourraient meubler leur silence par le dialogue suivant. 

Elle

Tu sais, parfois je rêve que j’ai encore vingt ans. Vingt ans et ma vie à recommencer, à vivre. Une occasion de tout balancer et recommencer… Que ferais-tu, mon ami, si ce miracle se produisait? 

Lui
Retour pourquoi? Imaginer une vie différente? La vie est un château de carte. Nous l’avons édifié pièce par pièce au fil du temps sur des bases timides mais qui ont résisté aux secousses inévitables de la nature et des saisons. Serions-nous épris de nouveauté ou malheureux au point de sacrifier l’acquis, d’oser tout remettre en cause et recommencer? Au risque de te décevoir ma belle amie, le retour à mes vingt ans d’accord. Mais à condition de ne rien bousculer

C’était quoi avoir 20 ans? Où étions-nous à 20 ans?  Je te connaissais un peu déjà. Nous nous étions entrevus. Nous avions des amis communs. Tes beaux yeux, ta démarche assurée, ton sourire me faisaient rêver. Tu étais au bras de mon ami. Je regardais ailleurs. Mon esprit accaparé par les études, la carrière, l’avenir, les attentes du milieu, mon esprit naviguait dans l’angoisse des carrefours sans retour. Pourquoi recommencer? Je ne suis pas du genre passionné. Pas de ceux dont la volonté de fer bouscule les événements et les choses à la poursuite d’un destin immuable. Réaliste, j’avançais à la mesure de mes ressources, conscient de mes limites, sans peur et sans chagrin. L’avenir se bâti pierre par pierre. Dans mon univers les séismes sont rares. On ne revient pas sur le passé.

Si j’avais de nouveau 20 ans, avec les ressources actuelles, il n’est pas interdit de penser, ma belle amie, qu’un aiguillage nouveau me ferait dévier vers un monde inconnu. Entre le Rouge et le Noir faire le mauvais choix, partir en Europe, épouser un métier instable et, libre, voguer de ville en ville. Et nos vies seraient demeurées parallèles. Parallèles. Je n’oserais courir ce risque. 

Elle
J’ai eu vingt ans aussi, mon ami. Je cherchais ma voie dans la musique, au piano avec Chopin, Bach et Beethoven. Mon professeur s’enorgueillissait de mes prestations au clavier. Mon avenir était à Vincent d’Indy. Mon père n’y croyait pas. L’époque confinait la femme à la maison, au service de son mari et de ses enfants. De guerre lasse j’ai opté pour l’enseignement. Oh! J’ai bien eu quelques fréquentations, tous de jeunes hommes honnêtes qui ont su garder leurs distances. L’exclusivité, la famille, la dépendance, il n’y a pas urgence à cet âge. 

À vingt ans, pour une jeune fille, loin de sa famille c’est la liberté. On s’amuse, on danse, on fréquente des gens intéressants et on renoue avec la divine musique. Et surtout que l’on ne m’enferme pas. Demain j’aurai un emploi. Demain je serai autonome. 
Et pourtant toi, tu fais partie de mon environnement depuis longtemps. Aujourd’hui  tu es là, c’est un accident de parcours. Ta compagnie me rassure, tu es mon garde du corps.  Grâce au ciel, mon ami, tu t’es souvenu que ma liberté est mon bien le plus précieux. Si j’avais encore vingt ans comment pourrais-je changer ces choses? Je n’y changerais rien. 

Lui
Je concède, ma chère amie qu’à vingt ans, diplôme universitaire en poche, je me croyais invincible. La formation pédagogique dans la grande ville étrangère allait être une sinécure. Très tôt ce très anglophone collège de Toronto s’est chargé de me rappeler à l’ordre en refusant mon inscription. Changement d’aiguillage et me voilà à Ottawa. Nous nous retrouvons entre amis. Imaginons que je rembobine et que je retourne à notre ville natale et que je recommence. Il y a bien le journalisme qui m’intéresse depuis qu’on m’a confié la direction du journal étudiant de mon collège. Ou encore l’histoire, les lettres ou le droit. Encore faut-il trouver une école de journalisme ou une source de financement pour des études universitaires prolongées. Non, à vingt ans l’enseignement secondaire offrait d’excellentes perspectives et des emplois bien rémunérés. Bien sûr, expérience acquise, je saurais éviter la hargne du président de ce collège torontois. Par contre je ne sais comment cette année se serait terminée dans ce milieu hostile. Non, si j’avais encore vingt ans, je parcourrais le même chemin et le sort encore une fois se chargerait de me dicter ma route.

 

Elle
Mon ami, mon compagnon, nous n’avons plus 20 ans et je vois bien que tu ne regrettes pas les décisions et les événements qui nous ont menés vers une vie commune. Bien sûr j’hésiterais encore à m’engager. La vie à deux a ses bons côtés mais le sort de la femme, de la mère de famille a aussi ses côtés sombres. Tu sais combien je tenais à la musique.  Tu m’as toujours supportée et contre vents et marées j’ai réussi à faire carrière comme professeur privé. Hier nous avons fêté un demi-siècle de vie commune. Nos enfants ont réussi leur carrière et nous avons maintenant le plaisir de regarder grandir quatre arrière-petits-enfants. Non, il ne faut pas s’exposer au mauvais sort. La maison est solide, ne touchons pas aux fondations. 

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Le feu de bois brille toujours.  On entend encore le craquement des berceuses. Ils n’ont plus beaucoup à se dire, il se sont tout dit mais ils peuvent encore rêver. Tirons le rideau, ils pourront s’inventer d’autres dialogues et repartir en voyage comme à vingt ans.

Texte de Gérard Laurin, Ontario

Publié le 1er février 2019

Être en vie, est-ce vraiment si compliqué ? 

 

Si j’avais encore 20 ans…C’est le mot – ENCORE – qui m’embête ici.

Est-ce que cet encore sous-entend des regrets, une redirection de décisions que j’ai prises lorsque j’avais 20 ans ? Qu’est-ce donc avoir encore vingt ans quand on en a soixante-dix? Qu’ai-je gagné ou perdu en sagesse et en grâce au cours des cinquante années écoulées depuis mes 20 ans ? Et que retenir de mon moi profond qui me permettrais, maintenant, de poursuivre allègrement une existence de jeune femme de vingt ans? 

 

Mes chemins de vie sont multiples et en apparence variés mais ils ne servent, au fond, qu’à faire émerger ce que je pense être l’essence de mon aventure humaine.

 

Ainsi, j’ai 20 ans. Je veux cultiver l’art du yoga, celui d’Iyengar car j’aime profondément sa vision de la vie. Je veux offrir à mon corps la souplesse, la texture, la posture, la force et la grâce qu’il mérite. Après tout, il est le seul objet important de mon existence; c’est lui qui m’aidera à perdurer!  Et le yoga n’est pas uniquement une façon de me maintenir en santé, c’est aussi ma manière d’aborder la spiritualité. 

 

J’ai 20 ans. Je veux mieux saisir le bouddhisme; j’absorbe les propos de Pema Chödrön et de Thich Nhat Hanh. Je médite tous les jours. Je suis une contemplative.

Je ne crois pas en Dieu. Le Dieu de cette Église. Pas chrétienne donc mais j’ai des amies juives et je suis très intéressée à comprendre leur tricoté serré communautaire.

 

J’ai 20 ans. J’étudie et j’en ai encore pour longtemps. Je vais certainement faire un Ph.D. 

Je choisis la biologie/écologie parce qu’il faut bien gagner sa vie éventuellement et que l’environnement est pas mal torturé en ce début de 21e siècle. Il a besoin de moi.

De toute façon, je n’ai pas vraiment de sympathie pour les humains; je considère que l’Homo sapiens est comme un virus malsain, une espèce envahissante qui respecte peu la Planète et ses habitants.

Mais j’admets aussi que l’Homme peut être porteur d’humanisme, de tendresse, de compassion. Peut-être qu’un jour je me réconcilierai avec l’humanité.

Peut-être ! 

 

J’ai 20 ans. Je cherche, malgré tout, ma place dans cette humanité déchirée et déchirante. Je suis fatiguée des guerres qui ne cessent de déchiqueter des corps, des familles, des villages, des sociétés. Je déteste les jeux politiques économiquement rentables pour les grands de ce monde mais au prix d’une destruction immense et d’une misère grandissante. Je soutiens ces jeunes américains qui en ont assez de se faire massacrer à l’école, sur leur campus ou lors de spectacles. Quand je pense que leur président songe à armer les profs…j’en frissonne! 

 

J’ai 20 ans. Je suis dans un monde chaotique : celui des cellulaires et des géants informatiques comme Google et Apple; celui du cyberespace et de la sécurité à cause du 

terrorisme; celui des changements climatiques, de la disparitions des iles du Pacifique,

de leurs coraux et de leurs peuples; celui de l’empire de l’image, de l’immédiat, du branding et des Kardashians.  Je ne sais plus où tout ça s’en va. On n’arrête pas de dire que nous, les jeunes, aurons des métiers qui n’existent pas encore. Je n’ai que 20 ans et déjà, c’est pas mal compliqué. 

 

Je ne sais plus si je veux continuer à facebooker, à tweeter, à instagrammer… Par nécessité peut-être puisque les réseaux sociaux font inévitablement partie de ma façon de vivre entre amis.

Je n’ai pas le choix. Mais je pense encore que la vraie façon de communiquer, c’est entre quatre-z-yeux même si ça me rend plus vulnérable! D’ailleurs, je cultive un réseau de filles et de gars avec délicatesse et sincérité. Je suis fille unique, je n’ai pratiquement pas de famille; j’ai besoin de ce réseau. Je respecte mes parents. Ils m’appuient de par leur tendresse et leurs sous. 

 

Et j’ai un matou, Sam : compagnon de vie, tendre et charmant. 

 

J’ai 20 ans et j’étudie. Je ne vais pas au théâtre ou voir des spectacles, je vais parfois au cinéma ou bien j’explore les téléséries et documentaires de Netflix. Je parle en français et en anglais. J’apprends l’italien. Pas parce que je veux aller vivre en Italie mais seulement parce ce que c’est une langue qui chante et m’enchante. Je ne peins pas, je ne sculpte pas. Je ne me considère pas comme une artiste. Mon art ne réside pas dans la création d’objets. J’écris de la poésie certains jours. Et j’exerce mon regard, je cherche à voir le monde avec d’autres yeux. Ceux du cœur peut-être ? Je fais de la photographie. 

 

J’écoute du jazz et de la musique classique – celle de l’Occident mais aussi celle de l’Orient aux sonorités tellement envoutantes. En même temps, j’apprécie toute la rage et la contestation que me révèlent les rappeurs et les slameurs de ce monde. Mais surtout, surtout, je suis inspirée par la musique amérindienne. Le tamtam africain ou les rythmes sud-américains ne me touchent pas autant. Pour moi, la musique des Premières Nations est comme le reflet de la pulsation de mon continent. Je veux aller vivre quelque temps dans les grandes plaines pour voir comment la Terre et les Cieux s’embrassent et s’embrasent. Je rêve du Montana mais comme c’est aux USA ???

 

Puisque je vis en ville, je gagne des sous à l’année longue,en tant qu’instructrice de yoga à temps partiel. J’opte pour des assistanats de recherche en été. J’occupe aussi une parcelle d’un jardin communautaire et bio.  Mais j’aimerais pouvoir passer mes stages d’études à la campagne ou dans le bois. J’ai besoin de grands espaces et d’oxygène. J’espère aussi pouvoir aller à Terre-Neuve et au Labrador… Pour les baleines, pour les Icebergs. Et je refilerai alors ma parcelle de jardin à d’autres… 

 

J’ai 20 ans. J’effleure des amours, je ne suis pas engagée dans l’Amour. Pas de mari, pas de conjoint, pas de fiancé. Je ne suis pas prête. Je ne sais pas si j’aurai des enfants. Pour l’instant, l’idée d’être mère est encore bien loin de moi qui suis en phase de devenir femme.

Je suis chanceuse en quelque sorte parce que, contrairement à ma grand-mère et les femmes de bien avant mon temps, je suis portée par la vague de #MeToo. Je me sens solidaire et solidifiée et féministe. Oh! On est encore dans un monde de patriarcat mais on avance lentement vers une certaine égalité. Je fais du chemin avec toutes ces autres qui sont de mon sexe. Cela fait du bien.

 

J’ai 20 ans. Et si un jour je deviens mère, j’aurai au moins deux enfants. C’est difficile d’être fille unique. Il y a tellement de connivences qui m’ont échappées. Tous ces bons et de mauvais coups dans le dos des parents qui développent la solidarité ! C’est de savoir que, quel que soit ton parcours, il y a quelqu’un qui est LÀ… tout au moins dans tes souvenirs et de cette façon, tu es moins seule.

 

J’ai 20 ans. 

Je suis digne, brave, intéressante, intéressée, passionnée, passionnante, amoureuse de la vie.

J’ai un sourire au fond du cœur et je mords dans cette vie que je choisis parce que je suis utile et confiante.  

 

Et il y a ce tendre Sam… qui ronronne doucement près de mon cœur et qui me rappelle qu’être en vie, ce n’est pas vraiment très compliqué.

Texte de Michelle Boucher, Hautes-Laurentides

Publié le 1er mars 2019

SI J’AVAIS ENCORE VINGT ANS…

 

Quel beau sujet pour ce concours d’écriture, il m’interpelle, car la vie va trop vite, nous manquons de temps pour faire encore et encore des projets, les finirons-nous?

Je me questionne? A-t-on assez d’une vie pour voir tous les chemins qui se présentent à nous, pour satisfaire notre goût d’expérimentation. Il faudrait vivre deux fois, pour réaliser tous ces différents plans d’avenir.

Dans ma jeunesse vers 18 ans, je commençais sur le marché du travail. Il n’y avait pas autant d’opportunités de carrières pour les femmes, de loisirs aussi diversifiés, de voyages pour parcourir le monde, c’était assez dispendieux, de sports variés, qu’aujourd’hui.

Donc si j’avais encore vingt ans…J’en profiterais pour réaliser des projets flottants, dans l’air de mes pensées et que vous découvrirez dans ce qui suit…

Carrières – Mes choix

J’étudierais plus longtemps pour devenir enseignante, c’est une carrière enrichissante, qui me permettrait de voir des jeunes bénéficier de mes connaissances. Cela aurait été mon premier choix, il m’aurait aussi permis de performer en tout temps.

L’autre occasion serait, bibliothécaire, car je suis passionnée de livres : les lire, les manipuler et faire des recherches d’auteurs, etc. J’adore aussi l’environnement, le silence de cet endroit qui permet d’apprécier ce lieu du savoir. J’aurais aimé guider les gens dans leurs demandes de recherches, lectures, et autres.

Ma troisième détermination aurait été le métier de photographe, pour immortaliser les gens qu’on aime, les scènes de la nature. Je me serais spécialisée dans les photos de paysages et de plages de notre si belle planète. Ce qui m’aurait amenée à plus de voyages.

En quatrième lieu, j’aurais voulu être chanteuse, car j’aime la musique et aussi faire partie d’une troupe chorégraphique pour danser avec d’autres personnes. 

J’ai la bougeotte facile !

Loisirs – Mes envies

Comme loisirs, j’aurais sauté dans les hauteurs par l’aéroplane, car la sensation de voler comme les oiseaux satisfait toujours mon désir de liberté. Je n’ai jamais eu le vertige dans les plus hautes tours ou édifices. Plus c’est haut, plus c’est formidable.

Je rêvais en écrivant des poèmes, je rédigeais mon journal régulièrement. Dans mes cours de français, j’aimais les compositions demandées. Car même en dormant, l’inspiration venait pour écrire. J’aurais aimé réaliser un livre, peut-être deux ou trois pourquoi pas! 

 Notre organisme « J’écris ma Vie » répond actuellement à cet appel. Mieux vaut tard que jamais. Il faut de l’ambition et de la persévérance pour atteindre ce but.

Pour me divertir, chanter dans une chorale, par plaisir et partager ce goût du chant en groupe.

Comme passe-temps, connaître et apprendre le piano afin de jouer mes mélodies préférées, et aussi perfectionner l’informatique que je trouve très pratique.

Voyages – Mes découvertes

J’ai beaucoup voyagé dans ma vie.

Mais si j’avais encore vingt ans…

Je découvrirais Compostelle pour la marche dans les sentiers et explorerais ce coin de terre spécial, visiterais ces églises qui portent vers le ressourcement, tout en visionnant toujours de plus en plus de merveilleux parcours dans cette nature. Rencontrer des gens aux diverses croyances et coutumes à différents endroits et peut-être créer des nouveaux liens d’amitié. Qui sait!

Tout en voyageant encore, je visiterais les musées des autres pays pour reconnaître l’art, la peinture et l’histoire afin d’approfondir mes connaissances et conserver de beaux souvenirs de ces sites.

Vive les voyages!

Sports – Mes défis

Par les Jeux olympiques, chez nos jeunes athlètes féminines, nous voyons développer beaucoup de nouvelles disciplines sportives de nos jours. C’est un défi d’enfance de voir grand.

Si j’avais encore vingt ans…

Je pratiquerais et perfectionnerais mon patin pour qu’il devienne artistique pendant quatre années, afin de participer à ces jeux internationaux et détenir une médaille pour mon pays, ce serait une belle fierté.

Pour conclure, je dirais qu’avec tous ces  Si…

Cela aurait changé la vie que j’ai connue. La vie a été belle et généreuse pour moi, j’ai été épouse et mère, ces choix étaient très importants à ce moment-là. La carrière, le loisir, le voyage, le sport étaient choisis selon les circonstances, des choix assumés.

Enfin, toutes ces énumérations ne sont qu’un rêve, car je n’ai plus vingt ans…

Bien heureusement la vie continuera, je l’espère avec surtout la santé.

Donc aucun regret dans cette vie pour ce rêve impossible qu’est :

 SI J’AVAIS ENCORE VINGT ANS… 

 

 

Texte de Ginette Bernard-St-Pierre, Laval

Publié, le 1er avril 2019

                               « Si j’avais  encore vingt ans »

 

Si j’avais encore vingt ans !

Cette phrase résonne à mes oreilles et parle à mon cœur.

Je suis née à l’aube de ce beau mois de juillet dans la belle ville de Rouen, en France, après la Seconde Guerre mondiale. 

Ma mémoire déborde de tous ces rêves et toutes ces choses que j’aurais aimé faire si j’en avais eu le choix, la possibilité. Comme il est facile de dire, j’aurais fais-ci, fais ça. Mais la vie ce n’est pas cela ! Quand elle décide de nous implanter dans un milieu où les choses ne se passent pas comme cela devrait. Où tout est silence, où le droit de parole est non existant. Quand  les circonstances font que tu ne peux qu’avancer, quand l’engrenage est enclenché et que tu ne peux revenir en arrière.

Si j’avais encore vingt ans, je parlerais à ma mère. Je lui poserais mille et une questions, lui dirais que j’aurais aimé me confier à elle, avoir une grande complicité ; une amie pour aller tout simplement faire du lèche-vitrine comme on le dit chez nous. Je lui demanderais pourquoi ce ne fut pas ainsi, pourquoi tant de silence, tant de questions qui n’ont jamais été posées, qui ont bloqué mon cheminement, tant de pourquoi qui sont restés sans réponse, tant de regrets…

Ha ! Si j’avais encore vingt ans. J’aurais appris à m’amuser, à prendre mon temps pour vivre pleinement et non avec la peur de tout et de rien. J’aurais apprécié ce que la nature nous offre ; connaître le nom de chaque arbre, chaque fleur, chaque saison avec ses différences…

Si j’avais encore vingt ans, j’aurais pris plus soin de mes amitiés, aimé davantage faire des découvertes. J’aurais repris mes études pour apprendre et encore apprendre. Mon cœur est avide de connaissances et en manque !!!

Je ne me laisserai pas happer par la vie. J’aurais eu le courage d’affronter certains obstacles qui m’ont empêché d’avancer, de dévier de ma ligne de vie. Je me serais plus affirmé dans mes entreprises et non laisser les autres décider à ma place. J’aurais tenu tête et réalisé mes rêves les plus chers.

Je suis entrée trop précipitamment dans cette grande aventure qui est celle du mariage pour gagner ma liberté. Je fus prise au piège de cette vie à deux que j’ai accepté par innocence.

Oh ! Oui je l’étais à cette époque !

Il est facile de se faire des reproches, de se sermonner, d’avoir tant de regrets. Si nous savions à l’avance ce qui va se passer, le ferions-nous ?

Comment le savoir ?

Mais si j’avais encore vingt ans, je retournerais en arrière. Je referais sûrement le même chemin, les mêmes erreurs ; mais avec force et volonté, je me donnerais le choix de tout changer en mieux. Avec mes connaissances et des outils nécessaires pour concrétiser mes rêves, en réaliser quelques-uns…

Je changerais le tracé de ma vie, j’avancerais fièrement, et si je manque une marche : je n’abandonnerais pas et je recommencerais.

Les leçons de vie nous sont données à chaque âge de notre vie. 

Le courage fait équipe avec la peur, l’un ne va pas sans l’autre.

Si j’avais encore vingt ans, je voudrais avoir une baguette magique qui transformerait  le monde en un monde multicolore. Un monde unique où tous se donneraient la main pour mes enfants et petits-enfants. Où tous comprendraient que c’est dans la diversité que l’on trouve tant de richesses.

 Je rêve tout haut, je sais au fond de mon âme que cela ne peut exister, le monde est  ainsi fait et cela doit être ainsi.

Pour finir, si j’avais encore vingt ans, aurais-je pensé qu’un jour je traverserais un océan pour m’exiler dans ce grand et beau pays « Canada » que j’habiterais dans cette petite ville de Sainte-Julie où il fait si bon vivre. 

Que je rencontrerais une association comme « J’écris ma Vie »  et que cela me permettrait d’écrire la mienne. Que cela serait pour moi une thérapie. Que je rencontrerais de merveilleuses personnes avec lesquelles je partagerais mes écrits et que cela m’aiderait à exorciser tout ce mal-être.

Je  pourrais dire : « Si j’avais su qu’à vingt ans encore j’aurais pu faire tant et tant… »

Mais mon destin était tracé et cela je ne le savais pas.

Texte de Danielle Lemonnier, Sainte-Julie

Publié, le 1er avril 2019

 

                                                              

Et... Voilà ! À l'année prochaine.

*D'autres photos se retrouveront sous peu dans les pages de vos régions respectives.

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