Textes gagnants au concours d'écriture JMV 2019

1er Prix

Texte  de monsieur André Busque,

Saint-Jean-sur-Richelieu, QC.

Et la vie continue … 

 

J’aurai six ans dans deux semaines. Papa, maman et moi roulons vers Québec. On s’arrête devant un édifice terne de cinq étages, le plus élevé que j’aie vu. On entre. Dans un corridor très long, on rencontre un spectre vêtu de noir et de brun de la tête aux pieds.  Seul les mains et l’étroit ovale du visage de cette dame sont visibles. Elle nous montre la chapelle, la salle de récréation, le dortoir et le réfectoire après quoi mes parents me disent qu’ils me laissent ici, avec mon tricycle, mes vêtements et mon cœur, tellement gros… 

            « C’est ton école! »

« Mais on va venir te voir le dimanche! » 

Consolation qui ne diminue en rien mon désarroi ; moi qui ai grandi jusque-là sans grand contact avec d’autres enfants, entouré de maman, grand’maman et de mes tantes Simone et Monique, je me retrouve séquestré dans un environnement sans amour où je ne retrouve aucun repère. Le pensionnat estun bagne où je suis surveillé et discipliné par des femmes desséchées qu’on doit toutes appeler Mère.

Dans la salle des petits comme on nous désigne, seulement le tiers des enfants y est pour la première fois; les autres connaissent tous tout ce que je crains. Il faut être fort à six ans pour apprendre l’obéissance aveugle, pour passer à travers les abus d’autorité, les privations, mais surtout surmonter ce désamour immuable. 

Le pensionnat ne me rend pas malheureux, mais je n’ai pas souvenance de moments heureux si ce n’est le parloir et les sorties. Par bonheur, on m’en sort après deux années, … 

et la vie continue …

… belle, jusqu’au moment où, quelques jours avant mes huit ans, papa m’emmène au sous-sol de l’église paroissiale et me présente à Akéla, le chef de la meute de louveteaux de la paroisse. Et il s’en va, sachant que je connais le chemin du retour. Je suis intimidé par les regards d’une vingtaine d’enfants, en chandail bleu, foulard au cou, qui me toisent. On m’assigne à une sizaine et la réunion débute lorsque Bagheera, Chil et Kaa se joignent à Akéla. Je ne comprends d’abord rien à cette charade et je ne connais aucun autre enfant puisqu’on vient d’emménager dans un nouveau quartier. Je me sens bien seul, désemparé, en ce premier soir. 

La légende de Mowgli est ma bouée de sauvetage; elle me séduit. L’uniforme me grandit et je m’intègre rapidement à la meute. J’adore les camps d’été et la fleur rouge, le feu de camp, qui les termine. 

Je deviens sizenier, puis premier sizenier ce qui me confère pour la première fois un certain prestige, un premier niveau d’assurance … 

et la vie continue …

… belle, jusqu’au moment où, au printemps de mes quatorze ans, papa m’emmène à la caserne du corps médical :

« Tu es accepté dans les cadets de l’armée. Tu vas passer l’été au camp de Farnham. Viens, on va chercher ton uniforme ! ». 

 L’armée ! Une certaine panique s’infiltre dans mon être, mais il n’est pas question de m’objecter : mes parents ont décidé de me jeter dans une autre fosse aux lions, je devrai encore faire face sans rechigner. Dans un baraquement, on me déguise en soldat avec une tunique trop courte. Le jour venu, je pars en autobus pour Farnham. Ce que je me sens seul; tous les autres cadets ont passé l’hiver à s’entraîner ensemble et, pour eux, partir pour le camp, c’est la fête. Je me sens perdu, encore plus seul qu’à mon arrivée au pensionnat. 

Mon dépaysement s’accentue à la descente de l’autobus : aucun édifice au camp ; toute la vie se passe sous la tente : de grandes marquises pour dortoir et pour cafétéria, des tentes plus petites pour les cours. Et quand on nous ordonne de former les rangs, je ne sais quoi faire ; ma survie dépend de ma capacité à assimiler presqu’instantanément la marche militaire et les autres aspects de soumission aveugle à l’autorité, fondement de la tradition militaire. J’en bave, mais j’y parviens. 

De toutes les activités, c’est le tir à la carabine et à la mitrailleuse que je préfère ainsi que les excursions de baignade dans la baie de Mississiquoi ; on nous y conduit, debout dans la benne d’un camion où se tient aux arceaux destinés à assujettir la capote. Le camp terminé, je peux enfin relaxer au chalet avant le début des classes … 

et la vie continue …

…  belle, jusqu’au moment où, mes, mes parents se surpassent sans le savoir. Ils m’ont déniché un beau travail d’été à Baie-Comeau, avec une résidence pour étudiants et une bibliothèque. Le début de l’aventure est excitant : un voyage en avion en 1956, c’est inespéré. Arrivé aux bureaux de la papetière, je remplis les formulaires d’usage et, après m’avoir indiquéoù je dois passer la nuit, on termine par cette phrase énigmatique : 

« Tu vas faire la petite drave à la Cache-Michaud ! Sois prêt demain à 6 h 30, une camionnette t’y emmènera ! »  

Je ne comprends pas trop, mais je monte dans la camionnette à l’heure dite.  Après cinq heures de route de terre, j’arrive à la Cache-Michaud : trois bâtiments rustiques en pleine forêt : un dortoir, un bureau où habite le contremaître et la cuisine-cantine.  Il n’y a que le cuisinier et son assistant à la Cache.  Ils m’indiquent le dortoir et me disent de choisir un lit non occupé.  Rien ne ressemble à la résidence ni à la bibliothèque promise. 

Vers 12 h 15, les hommes arrivent.  Les hommes !  Il n’y a pas un jeunot dans le groupe.  Ils se dirigent vers la cantine. Je les suis, je prends un cabaret que le cuisinier remplit et je prends place à une table en me faisant aussi petit que possible.  Et au travail ! La petite drave consiste à rejeter à la rivière les pitounes oubliées par la débâcle du printemps qui a charrié la majorité des arbres débités durant l’hiver. Je m’astreins à mon dur labeur sans maugréer. On trouve sans doute que je fais ma part, car on m’adopte vite dans la famille que forme la trentaine de personnes qui se partagent la grande pièce meublée de lits d’armée à deux étages. 

Quel n’est pas mon étonnement quand un costaud vient me demander d’écrire à sa fiancée la lettre qu’il va me dicter !  Pour lui, c’est moins gênant que de demander à un de ses copains.  Je le fais de bon gré et ma clientèle s’agrandit rapidement ; j’écris autant aux épouses qu’aux fiancées.  Je lis aussi les réponses qu’elles envoient. 

À la Cache-Michaud, je côtoie le bon monde du Québec rural. Du monde chaleureux, sincère, accueillant, protecteur à mon égard, avec du cœur à l’ouvrage et de bonne humeur. Je reviens à la maison l’esprit et le cœur plein de beaux souvenirs et pas peu fier d’avoir été accepté par ces roughmen, comme on les appelait alors … 

et la vie continue …

… belle, car j’ai maintenant dix-neuf ans, l’âge de faire mes propres choix. Un peu par bravade, un peu par goût de l’aventure, je plonge à nouveau dans l’inconnu en m’enrôlant dans une division de la Marine royale canadienne qui recrute des étudiants pour un programme de formation à temps partiel : un soir par semaine, un job d’été assuré, un magnifique uniforme et une bonne paye, le tout agrémenté d’une immersion en anglais. 

L’expérience de Farnham m’aide à me préparer à tout ce qui m’attend à l’été en Nouvelle-Écosse, à tout, sauf au choc de la langue. À peine descendu de l’avion, j’entends Air Canada annoncer en français le départ d’un vol pour Montréal. Ce que je voudrais y monter, car tout autour de moi est en anglais, inintelligible. Le lendemain matin, au mess, je dois me lever pour aller chercher le sucrier, car je ne sais pas comment le demander à mon voisin. 

Survie oblige, je fais rapidement l’apprentissage de cette langue et je réussis mes examens de matelotage, de leadership, de navigation, de communication et de maniement d’armes. En mer, tout est aussi inattendu qu’exigeant. Je deviendrai officier après deux ans et demi et je servirai encore pendant trois ans, dont six mois en Afrique de l’Ouest. 

Quelles difficiles, mais belles occasions de puiser au plus profond de moi ! Je quitte la Marine avec une confiance inouïe en mes capacités, prêt à assumer les responsabilités que la vie civile m’offrira … 

et la vie continue …

… belle pendant encore soixante années. Aujourd’hui à la retraite, je me rends compte que ces expériences m’ont servi à faire face aux épreuves de la vie avec confiance. Mes parents m’ont forcé à devenir assez résilient pour surmonter les embûches et m’en sortir non seulement indemne, mais grandi, fier de l’expérience vécue et heureux. Mes parents m’ont légué une grande aptitude au bonheur qui fait que …

la vie continue…

si belle ...

belle à en mourir!

2e Prix

Texte de madame Denise Charrette,

Casselman, Ontario

« Et la vie continue »

 

Ce matin, peu après le lever du soleil les corneilles chantaient. Quelle douceur pour nos oreilles ! Cette année l’hiver a été très long. Malgré le fait qu’on avance l’heure en fin de semaine on se croirait encore en janvier.  

Comme je le fais pratiquement chaque jour depuis qu’ils sont déménagés en résidence pour personnes retraitées, je viens visiter mes parents.  Je frappe deux petits coups et j’entre.  Maman qui tricote tranquillement me sourit tandis que papa lui, debout près de leur grande fenêtre à carreaux, regarde le ciel. Il a tout de l’allure d’un vieux sage : l’œil pétillant, le regard profond, et ses nombreuses rides sont la preuve de son expérience.  Son calme et son sourire bienveillant confirment qu’il comprend bien la vie.

Il ne s’est jamais limité à donner des conseils; par son vécu quotidien, il nous donne l’exemple. Je le rejoins tranquillement et à mon tour je regarde   par la fenêtre.  Pas un seul petit nuage…rien que du soleil; que peut-il bien regarder ainsi?  Sentant ma présence, sans se retourner, il m’explique : « La vie est simple, la vie est belle, c’est nous qui la compliquons. Il suffit d’être patient. »  

Il me raconte alors que malgré une enfance extrêmement difficile, il s’était toujours considéré choyé d’être allé à l’école quelques années.  Il a le don de voir du beau là où la majorité de nous verrait de la misère. Il a toujours eu une confiance inouïe en la vie.  

 

Puis un jour le Seigneur vint comme un voleur lui reprendre, sans aucun préavis, l’un de ses enfants.  « Rien, de la vie nous prépare à la peine qu’on peut ressentir au plus profond de ses entrailles », m’explique-t-il. « Ce jour-là, sous le poids de mon chagrin et de mon indignation, tout comme Jésus, je suis tombé pour la première fois.   Pour donner l’exemple à ma famille je me suis relevé. » Je me souviens, comme si c’était encore hier qu’il nous ait maintes fois répété : « La vie continue;  même si on la trouve injuste et qu’on ne la comprend pas on doit toujours lui faire confiance. » 

 

Je me rappelle à l’époque m’être demandé d’où lui venait cette force. Puisqu’ il venait d’aborder le sujet, j’en profite donc pour lui poser une question qui, après toutes ces années, continue encore de m’intriguer. Comment arrive-t-on à reprendre le pas après une si grande perte, un si grand chagrin ? Le regard tendre il m’explique candidement que ce n’est pas vraiment compliqué.  « Le temps guérit nos blessures.  Il ne suffit que d’être patient et d’avoir confiance qu’un jour ça va aller mieux.  Aucune sortie, aucune rencontre, aucun voyage ne peuvent vraiment alléger la perte d’un être cher; au contraire ça risque de nous rappeler à quel point il nous manque. » 

 

À l’époque il avait choisi d’aider une famille dans le besoin. C’était sa façon de se sentir vivant de nouveau. Puis, une dizaine d’années passèrent remplies de nombreux moments heureux. Et de nouveau, sans préavis le Seigneur venait frapper à sa porte.  

 

Cette fois-ci, il lui réclamait un fils.  Son fil ainé qu’il côtoyait chaque jour puisqu’ ils travaillaient ensemble dans la compagnie. Après plusieurs mois de combat, son départ fut déchirant.  Pauvre papa ! Personne ne savait vraiment ou il avait trouvé la force pour continuer de trainer ses bottines qui semblaient maintenant peser une tonne.  « Je suis alors tombé pour la deuxième fois ! » et de nouveau il nous répéta… « La vie continue; on doit lui faire confiance.  Par contre, je serais menteur si je n’avouais pas, ne serait-ce qu’un court instant, d’avoir eu l’envie de tout laisser tomber.    

La vie a été très patiente.  Elle m’a attendu un bon moment, le temps que ma blessure se cicatrise.  Et, un jour à la fois, sans attente, la vie a continué. Au fil des jours, tout redevenait plus léger, il y eut des naissances, des anniversaires, des accomplissements qui tranquillement nous faisaient oublier ces moments difficiles.  

L’entreprise allait bien, il y aurait de la place pour mes petits-enfants qui choisiraient de s’y joindre. Tout de mon quotidien me rendait de nouveau heureux.  Mais j’ai dû apprendre à accepter d’être heureux sans me sentir coupable. 

 Être de nouveau heureux ne signifie pas qu’on a oublié les gens qui nous ont quittés. »  Puis un  jour il apprend qu’il a un cancer, et quelques années plus tard à l’âge de 88 ans, un autre cancer.  Celui-ci, une leucémie, est beaucoup plus sérieux. « Je me suis souvent demandé pourquoi le Seigneur m’éprouvait ainsi de nouveau. »  Je me souviens, tu nous as calmement annoncé que tu allais suivre tes traitements, qu’on ne devait pas s’inquiéter, que la vie continuait. Tu nous répétais constamment que patience et persévérance étaient la clef de la réussite.   

Une fois de plus, tu nous as prouvé par ton courage et ta détermination que tu étais capable de soulever des montagnes.  Après seulement quelques mois de répit, tu reprenais de plein pied ton travail. Tu étais tellement fort qu’il nous arrivait même d’oublier que tu avais été malade.  

Il en va de soi que ta décision de quitter la maison qui t’a vu grandir ces deniers 92 ans en a surpris plusieurs.  Tu as laissé derrière toi toute une vie; heureusement que tes souvenirs sont encore bien vivants au fond de ton cœur.  Cette décision tu l’as faite, maman qui, rongé par l’arthrite n’arrivait plus à ‘tenir maison’.  Tu nous as dit : « C’est à mon tour de lui donner le meilleur dans son pire! »    

Cette fois-ci tu nous as tristement avoué : « que veux-tu, c’est la vie! »  

Je sais pourtant que tu auras la patience d’apprivoiser ta nouvelle vie et que de nouveau tu pourras nous dire : « Et la vie continue! »

Un vieux Sage a dit : « L’Homme jeune marche plus vite que l’ancien, mais l’ancien connait la route… »

3e Prix

Texte de monsieur Gérard Laurin

Gatineau, Qc.

Transhumance

Octobre nous a joué un bien mauvais tour. Pour nous berner, il a laissé deux fleurs, complices attardées dans les rosiers sauvages. Cette saison nous l’avions accueillie à bras ouverts, drapée qu’elle était dans ses couleurs éblouissantes, charmeuse avec son temps doux et brumeux.  Nous avions déjà ressenti un pincement au cœur plus tôt, un bel après-midi d’août à la vue de régiments d’étourneaux alignés sur les fils électriques. Ce jour-là ils bouclaient leurs valises, les lâches.

Puis en une nuit ce fut le silence. Les douces et fidèles mésanges ont retrouvé leurs mangeoires à côté des moineaux. Plus tard ce fut l’aboiement des oies bavardes, toutes ailes déployées, cap au sud, qui est venu sonner l’alerte et réveiller nos sens.  Pour faire diversion octobre est venu nous raconter la douceur de l’été indien et nous avons cueilli ce mirage comme vérité. 

Ébloui, personne ne s’est plus formalisé du fait que l’été nous avait fait faux bond. Ah! les parfums de l’automne! 

Mais un matin la terre gelée m’a renvoyé à mes mocassins. Mes mocassins douillets et mon costume d’hiver et mon casque de fourrure et mes gants pour protéger du froid mes doigts abîmés. Il a fallu faire vite et jouer du râteau pour récupérer les feuilles mortes, rentrer les choux et bien soigner pelouse et arbustes fragiles exposés à l’aquilon. L’hiver avait délogé l’automne, l’avait délesté de ses parures éphémères, passant de l’Action de grâce au jour du Souvenir sans que nous l’ayons vraiment vu venir malgré le fracas des canons de la colline.

Alors ce matin-là il y eut un grand conciliabule sous le grand pin de Boucar. À l’ordre du jour du grand conciliabule : le temps qui passe. Il y avait là, rassemblé les survivants d’une génération d’amis, de collègues et des membres de la famille élargie. Il y avait là autour du feu une foule de gens expérimentés ayant survécu à combien d’hivers avec beaucoup de neige parce que les guêpes avaient fait leurs nids très haut dans les arbres et des congères plus hauts que la grange et de la glace et du verglas et des pannes à mobiliser trente mille remonteurs de lignes et autant de vendeurs de génératrices. C’était écrit dans l’almanach du peuple. 

Pour certains, beaucoup de temps est passé, si bien qu’après autant de lunes, si bien qu’avec autant de froid ils ont attrapé mal aux os. Température invivable. Sauve qui peut! Pas question d’hiberner, ils hiverneront plutôt dans des lieux plus cléments. Ils migreront vers des latitudes mieux branchées sur le soleil. D’autres se racontent à qui veut les entendre qu’ils ont bien le choix et peut-être les ressources,  mais qu’ils se résignent et prendront leur mal en impatience. On peut toujours confier des tâches aux plus jeunes, aux plus énergiques, aux plus équipés. Les voitures sont chauffées tout de même, la musique est douce près du feu quand elle accompagne la lecture d’un auteur de génie.  Les plus verts, eux exultent à la perspective des sports d’hiver. Celui-là a une fixation sur les skis, l’autre s’attache à ses raquettes, tous patinent in extremis, emmitouflés, sur un canal sportif.  Cap au sud chacun à sa façon. 


Au revoir! Hasta luego!  Ainsi va la vie.

Autre forme de résignation : les maisons sont à vendre. Se vende la casa. Les résidences pour retraités ont flairé la bonne affaire et font des grands signes aux mieux nantis. Les conversations s’alimentent de « Savais-tu que Gilles et Guylaine déménagent à l’Initial » ou de « Éléonore refleurit, mais Nicolas ne semble pas très heureux dans sa nouvelle résidence » pour se figer dans  un pensif « crois-tu que nous devrions commencer à y penser »?  Bien sûr qu’on devrait commencer à y penser. Que dirais-tu de l’an prochain? Bon, d’accord, concentrons-nous ici et maintenant sur cette maison qui a gobé la majeure partie de nos économies. On y retrouve une pléthore d’objets irremplaçables que nos successeurs mettront allègrement à la poubelle faute de preneurs. Il faut dégager. Dégager pour  ceux qui se croiront forcés de remettre cette structure à la mode du jour. 

L’inventaire qui n’est rien d’autre qu’un exercice de dépouillement est en même temps périlleux, pénible et lumineux. 

 

 Voici Le roman de Nancy Huston, un incontournable que je n’ai pas encore lu, voici les biographies d’une dizaine de mes idoles, des dictionnaires et des Atlas qui peuplent les rayons de la bibliothèque à côté de la documentation et des souvenirs de voyages.  Et Hugo en collection  Pléïade, un trésor.  J’y reviendrai demain pleurer sur le sort de Jean Valjean.  

En même temps je tenterai le tri des disques et du contenu de la remise et des outils de l’atelier. Mais attention ici! Ces deux tiges de fer sont indispensables pour tendre le ressort de la porte de garage qui devra être remplacé tous les dix ans.  

 

Les tablettes regorgent de ces objets innocents qui pourraient peut-être me servir encore un jour, moi qui pratique l’art du bricolage et de la réparation maison.

Le mois prochain, nous pourrons faire un grand ménage dans les vêtements périmés, démodés ou non. Puis le ménage dans les outils. 


Maintenant dégageons! 


Le printemps dialogue déjà avec les crocus. L’été sera beau et chaud. 

Que l’automne était merveilleux! 

 

 Entre-temps la vie continue. 

Et... Voilà ! À l'année prochaine.

*D'autres photos se retrouveront sous peu dans les pages de vos régions respectives.

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